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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 08:01

Le Festival s'est terminé, le 20 juillet, après 5 merveilleuses journées. Je reviendrai très prochainement sur mon blog sur tous ces concerts chargés d'émotion que nous ont offerts le maestro Savall et tous les artistes présents.

 

Monique Parmentier 

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Published by Parmentier Monique
10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 07:42

Clori part les pieds légers vers des cieux plus clements. Ce merveilleux dessin d'Alessandro Allori est celui du costume de Clori, pastorale mise en musique par Emilio de' Cavalieri en 1590. Elle est considérée par les historiens comme le premier Opera. La musique en serait perdu. Pour des raisons de droit, je ne m'autorise à en partager que cette vignette.

Par Monique Parmentier 

CR : Bibliothèque centrale de Florence

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Published by Parmentier Monique
4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 19:50

Dans un mois, les Elisyques reprendront la Route et se retrouveront à l'Abbaye de Fontfroide, pour la XIIe édition du Festival  Musique et Histoire pour un dialogue interculturel. Il se déroulera du 15 au 19 juillet à l'Abbaye de Fontfroide dans l'Aude, à quelques kilomètres de Narbonne.

Et plus que jamais ce dialogue interculturel et le rôle pacificateur de la musique seront mis en valeur, puisque trois des concerts d'après-midi en terrasse et deux conférences seront consacrés au projet Orpheus XXI que nous avait présenté le 1er mars Jordi Savall.

Destiné à permettre à des musiciens réfugiés de pouvoir exercer leur métier malgré le déracinement et faire connaître aux populations des terres d'accueil, leur magnifique et si riche culture, c'est à Arles le 14 juillet puis à Fontfroide qu'ils viendront nous dévoiler les fruits des Master Class organisées en plusieurs sessions à la Saline royale d'Arc-et-Senans.

Le thème du festival est cette année Célébrations, Hommages, Solidarité et Voyages insolites.

Véritable invitation au voyage, à la rêverie, aux rencontres qui enrichissent, mais aussi hommages à toutes celles et ceux qui croient que la diversité ne peut que nous enrichir, l'ensemble des concerts célèbreront le bonheur de se retrouver tous ensemble autour du Maestro catalan. Nous retrouverons sur le premier concert du soir et le dernier des musiciens invités, venant de tous les horizons de la planète : Abhu Dhabi, Afganistan, Argentine, Arménie, Brésil, Chine, Grèce, Madagascar, Mali, Maroc, Mexique, Syrie, Turquie... Nous suivrons les pas d'Ibn Battuta (1304-1377) pour la seconde partie de ce programme, dont la première nous avons enchantée il y a deux ans déjà. Explorateur, voyageur, musulman marocain d'origine berbère, ce "voyageur du temps" a parcouru des milliers de kilomètres, de Tombouctou le plus au sud au bord de la Volga, de Tanger à l'Extrême Orient. Ses mémoires ont été compilées par le poète Ibn Juzayy al-Kalbi, dont le titre peut - être littéralement traduit ainsi "Un cadeau pour ceux qui contemplent les splendeurs des villes et les merveilles des voyages », Nous retrouverons également l'ensemble basque Euskel antiqua, que Jordi Savall avait reçu il y a deux ans qui viendront nous présenter leur nouveau programme, absolument somptueux sur instruments anciens El amor Brujo de Manuel de Falla, sortie au disque récemment.

Enfin, bien sûr les amoureux de la musique ancienne et de la viole, cette voix si particulière, dont le murmure est si envoutant, seront également comblés, puisque Jordi Savall, nous offrira deux concerts, dont un célébrant les 25 ans de Tous les matins du monde.

Et comme il faudra bien se quitter, afin de rompre la tristesse de la séparation c'est avec la Festa Criolla et l'ensemble mexicain Tembembe Ensamble continuo, que le Maestro et Hespérion XXI, concluront cette si belle fête d'un été qui enchantera le public, la garrigue et les cigales.

Par Monique Parmentier

Crédit photo : DR pour photo Jordi Savall. Musée des Corbières à Sigean pour la Coupe ionienne des Elisyques trouvée sur un des sites de ce peuple ayant vécu dans la région de Narbonne entre le VIIe siècle et le IVe siècle avant JC

 

 

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Published by Parmentier Monique - dans Dossiers Musique
1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 19:51

J'ai du supprimer le dessin que je partageais avec vous à cause de commentaires de menace comme j'avais déjà eu. Je les ai supprimés sans les lire dans le détail. Sans intérêt. Je vais devoir supprimer la fonction commentaires.

 Revoici donc ce dessin trouvé hier. Il s'agit du costume porté par l'Orfeo dans l'Euridice de Peri

par Monique Parmentier 

Copiryght : DR

 

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Published by Parmentier Monique
20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 08:27

Copyright : Robert DoisneauJe suis tombée hier sur cette si douce photo de Robert Doisneau. Et les souvenirs d'enfance, d'été, de chaleur, de jeux et d'une fraicheur bienvenue, de jardins, de fourmis, d'abeilles, de papillons me sont revenus. Ce petit bassin de fer que ma mère remplissait d'eau pour nous rafraîchir et la cruche qu'elle nous déversait sur la tête. Dans les années 60 nos piscines et nos jeux étaient modestes. L'air miroitait, vibrait du vol des insectes. Nous pouvions le respirer à pleines gorgées. Merci à la vie de m'avoir donné ces si merveilleux souvenirs. Merci à Robert Doisneau pour ce chef-d'œuvre  de tendresse.

Par Monique Parmentier

Copyright : Robert Doisneau et ses ayants droits.

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Published by Parmentier Monique
9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 07:54

"Mer, cam­pagne, silence, parfums de cette terre, je m’emplissais d’une vie odorante et je mordais dans le fruit déjà doré du monde, bouleversé de sen­tir son jus sucré et fort couler le long de mes lèvres. Non, ce n’était pas moi qui comptais, ni le monde, mais seulement l’accord et le silence qui de lui à moi faisait naître l’amour". Albert Camus

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Published by Parmentier Monique
5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 16:03

C'est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d'incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes

Rien n'est si précieux peut-être qu'on le croit
D'autres viennent Ils ont le cœur que j'ai moi-même
Ils savent toucher l'herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s'éteignent les voix

 

 

Il y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l'aube première
Il y aura toujours l'eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n'est le passant

C'est une chose au fond que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont en eux
Comme si ce n'était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre

Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle
Qu'à qui voudra m'entendre à qui je parle ici
N'ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle

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Published by Parmentier Monique - dans Poésie et Littérature
1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 08:01

La ville tout entière m’apparut comme un merveilleux décor aux couleurs inouïes, brillantes de mille formes et de mille promesses, et les actions de cette époque ressemblaient à celles que l’on représente sur scène en plusieurs langues, avec plusieurs personnages […] Et ne me contentant pas d’être devenu spectateur, je voulus devenir l’un de ceux qui jouaient dans la comédie et me mêler à eux » Le Tasse (Il Gianluca overo delle Maschere)

J'ai lu il y a quelques jours l'interview d'un jeune chef, parlant de la Pellegrina comme d'une découverte, une nouvelle œuvre lyrique à l'origine de l'opéra, nimbée de mystères.

S'il existe une œuvre de la fin Renaissance extrêmement bien documentée, lorsqu'on sait combien peu de choses sont  a priori parvenue jusqu'à nous ou du moins le plus souvent de manière plutôt fragmentaires, c'est pourtant bien La Pellegrina. Et cela, parce que cette pièce de théâtre lyrique, ou plus exactement, cet Intermède (ou ces intermèdes musicaux), fût créée à l'occasion des fêtes du mariage de Ferdinand 1er de Médicis et de Christine de Lorraine en 1589. Les grands - ducs toscans n'avaient pas pour habitude de lésiner en matière de création artistique et savaient donner du lustre à leurs fêtes. Ferdinand n'y manqua pas, jusque dans la publication des "mémoires" de ces fêtes où figurait en bonne place La Pellegrina. Que la Pellegrina soit la "source" de l'opéra, ce serait exagéré de le prétendre, elle en est une étape.

Il s'agit en fait d'une pièce de théâtre de Girolamo Bargagli, un poète et homme de loi siennois, écrite en 1579 dans laquelle furent intégrées des pièces musicales, relatant une série d'histoires tirés de la mythologie grecque faisant référence aux époux.

Né à Sienne en 1537, Girolamo Bargagli, est l'aîné d'une famille de trois enfants, son père est un juriste. Il reçoit une éducation littéraire et artistique et une formation juridique qui font de lui tant un poète qu'un magistrat, un véritable lettré de la Renaissance.  Il a été membre de l'Académie Intronati, sous le pseudonyme "il Materiale" (le Charnel), qui était une société d'acteurs et d'auteurs humanistes. Toutefois, son activité essentielle est bien celle d'homme de lois. Il meurt en 1586, soit trois ans avant la création de sa pièce. Bien évidemment son texte fait l'objet d'une adaptation par deux librettistes Giovanni de'Bardi (1534-1612) et Ottavio Rinuccini (1562-1621). Ce dernier est un poète et dramaturge auteur de nombreuses pièces de cour. Nous reviendrons sur Bardi.

Les fêtes du mariage de Ferdinand 1er de Médicis et de Christine de Lorraine, vont durer deux semaines et vont offrir aux invités et à la ville de Florence un spectacle total. Ferdinand a d'abord été cardinal. Il hérite en 1587 du Grand - Duché de Toscane. Il est à l'époque connu pour son goût du mécénat, sa collection d'antiques et sa francophilie, alors qu'à l'époque l'influence espagnole est extrêmement prégnante en Toscane, il va encourager l'alliance avec la France, d'où ce mariage avec Christine de Lorraine (souhaité par Catherine de Médicis, dont elle est la petite-fille). On peut d'ailleurs signaler que Ferdinand Ier en prince éclairé, inaugurera une chaire de mathématiques qu'il confiera à Galilée. Son règne débute par des fêtes splendides qui laisseront dans les mémoires, comme dans les archives une trace très vive.

Pour les intermèdes musicaux de la Pellegrina pas moins de sept compositeurs vont être sollicités pour offrir à ce spectacle sa magnificence : Cristofano Malvezzi (1547-1597), Antonio Archilei (1543-1612), Emilio de'Cavalieri (1550-1602), Luca Marenzio (1553-1599), Giulio Caccini (1551-1618), Giovanni de'Bardi (1534-1612) et Jacopo Peri (1561-1633), alors que la scénographie est confiée à Bernardo Buontalenti (1536-1608). Ce dernier est un ingénieur militaire, architecte, peintre au service du Grand Duc dont la famille l'a recueilli et dont il a été le compagnon de jeu durant leur enfance. Le grand-duc fait construire au sein des offices le théâtre Mediceo qu'il a confié à son ami.

Florence, Firenze, c'est la ville qui a vu naître la monodie accompagnée, la ville des débats passionnés, des grands bouleversements musicaux, où l'on assiste à la "mise en forme" de l'opéra. Et si ces compositeurs qui participent à cette production de la Pellegrina sont parfois en profonds désaccords, tous, ou presque, sont membres de la Camerata fiorentina. Poètes et musiciens cherchent à redonner à la musique, la noblesse présupposée de la Grèce antique. Ils cherchent tous à recréer, retrouver cet art de la déclamation, recitar cantando, un rapport nouveau entre le texte et la musique, afin d'exprimer au mieux les affects. L'aristocratique déclamation de Belli s'oppose au beau chant de la sprezzetura de Peri ou Caccini. Tous ces musiciens sont souvent considérés comme les précurseurs de Monteverdi et si pendant longtemps les historiens n'ont cité que Peri et ses deux opéras considérés comme les premiers du genre (Euridice 1600 et Dafné 1598), la redécouverte grâce à des enregistrements de toute beauté que l'on doit à plusieurs ensembles de musiques anciennes, font que désormais, l'ensemble des compositeurs ayant participé à l'élaboration musicale de la Pellegrina sont connus du public. Jacopo Peri (1561-1633) dont l'année de naissance nous indique qu'à l'époque il n'avait pas 30 ans, publie à cette occasion sa première œuvre, le n° 8 du Vème Intermède. Il s'agit d'un "aria con due rispote" (double écho). Il composa cet d'Arion pour une voix de tenor qu'il chanta lui-même. Compositeur, organiste et chanteur, c'est en 1588 qu'il était entré au service de Ferdinand II, qu'il quitta en 1600 pour la cour de Mantoue. Il possédait un surnom Il Zazzerino. Monteverdi appartenait à la même génération que Peri, tout comme

Emilio De'Cavalieri (1550 ? 1602 ?), instrumentiste, organiste, danseur et chorégraphe qui arriva à Florence en même temps que le duc, au service duquel il se trouvait à Rome durant le séjour de celui qui avant d'être Grand - Duc de Toscane, fût cardinal. Cavalieri fut nommé inspecteur général des arts et des artistes à la cour de Toscane. Lui qui composa pour le mariage de Marie de Médicis et d'Henri IV en 1600, "Il dialogo di Giunone e Minerva" apporte une influence française qui n'est pas anodine. Le public d'aujourd'hui le connait surtout pour la Rappresentatione di anima et di Corpo, (teaser enregistrement René Jacobs chez Harmonia Mundi). Il s'agit d'un drame sacré créé en 1600 et plusieurs fois enregistré par nos ensembles baroques et donné à la scène comme à Sablé par l'Arpeggiata en 2009, œuvre qu'avait enregistré cet ensemble chez Alpha en 2004.

Antonio Archilei (1543-1612) arriva de Rome en même temps que le Grand-Duc et Emilio De'Cavalieri, ainsi que son épouse Vittoria Archilei, la Romanina (vers 1555-v 1620), un cantatrice célèbre. Antonio était un luthiste à qui nous devons le madrigal introductif de la Pellegrina, Dalle più alte sfere.

Giulio Caccini (1543-1612) et Jacopo Peri (1561-1633) était tous deux installés Florence, tout comme Cristofano Malvezzi (1547-1599). Tous trois étaient non seulement compositeurs, instrumentistes mais également chanteurs.

 

Luca Marenzio (1553?–1599) est connu comme compositeur.

Pour la Pellegrina, chaque intermède est le fruit de deux ou trois compositeurs qui travaillent

ensembles : Ainsi Cavalieri travaillent sur le premier et le sixième, tandis que Peri travaille avec Marenzio et Malvezzi pour le cinquième et Caccini collabore avec Malvezzi et Bardi pour le quatrième.

La partition sera publiée à Venise en 1591.

Harmonie des sphères célestes, Intermède 1

Les histoires racontées ici vont permettre d'offrir au public des effets spéciaux impressionnants et de toute beauté. Telle l'Intermède 1, l'Armonia delle sphere. Sur des nuages des musiciens figurant les sirènes et les planètes chantent l'harmonie. Tandis qu'au loin apparaît la cité de Pise, au centre trône la Nécessité entourée des trois Parques. La rotation de son fuseau symbolise celle des sphères célestes et donc l'harmonie du monde. Cette vision céleste est accompagnée par le son cristallin du grand luth et le chant de Vittoria Archilei, l'épouse de Jacoppo Peri, deux chitarroni cachés au milieu des nuages se joignant à celle que l'on surnommait La Romanina. Puis entre la sinfonia instrumentale de Malvezzi et le chant polychorales des sirènes se crée un dialogue doux et élégants.

Apollon et les Muses - Intermède 2 - British Museum

L'intermède 2 : La Gara fra Muse e Pieridi, conte le défi des Muses et Piérides qui s'achève sur le triomphe des premières.

Pour la circonstance Luca Marenzio sur un poème de Rinuccini réalise une "sinfonia" interprété par deux harpes, deux lyres, une basse de viole d'une part et deux luths, un violino, une viole bâtarde et un chitarrone d'autre part. Un triple choeur à six voix chacun en est le point culminant de cet intermède.

L'Intermède 3 : Il combattimento Pitico d'Apollo (Le combat d'Apollon contre le python)

La musique en est attribué à Marenzio. La scène figure le bois de Delphes. Des couples vêtus à la grecque y chante un double choeur au de violes, de flûtes et de trombones. Surgit le serpent python. Apollon apparaît pour le combattre. C'est dans cet intermède que la musique tente le plus de retrouver ce style antique, objet de la quête de tous ces compositeurs. Le discours musical et madrigalesque se fait grave. Le combat entre le dieu et le monstre est mimé et dansé, un ballo allegro clame la victoire divine avec un double choeur à huit voix.

Intermède 4 : La regione de' Demoni (L'antre des démons) : La vision céleste fait place aux enfers, ce que nous montre la gravure d'Epifanio d'Alfanio. Les démons y annoncent un nouvel âge d'or. Lucia Caccini qui s'accompagne au luth, personnifie le mariage sur son char appellent les démons à la sagesse, tandis que Platon apporte aux hommes le monde divin des idées. Lucifer et ses trois faces dévorantes, muni d'énormes ailes de chauve-souris est entouré de personnages infernaux. L'aria qu'interprète Lucia a été écrit pour la musique par Giulio Caccini. Accompagné par une basse continue, il marque une étape importante vers la monodie accompagnée. Nous devons le texte à Giovanbatisto Strozzi

Io che dai ciel cader

Scène des enfers - Intermède 4


farei la luna
a voi ch'in alto sete
e tutt'il ciel vedet'e voi comando
ditene quando il somm'eterno Giove
dal ciel in terra
ogni sua gratia piove.

 

 

Intermède 5 :  Il canto d'Arione (Le chant d'Arion). La musique de cet intermède a été écrit par Malvezzi. Arion dans la mythologie est fils de Poséidon (dieu de la mer) et de Cérès (déesse de l'Agriculture et mère de Proserpine). Cet intermède est donc placé sous le signe de l'eau. Amphitrite interprétée par Vittoria Achilei, surnommée la Romanina et épouse du compositeur Antonio Archilai.

Elle apparaît en majesté venue des profondeurs, accompagnée de tritons et de nymphes. Elle chante les strophes d'un épithalame (un poème lyrique que l'on composait en l'honneur des mariés). L'on sait que parmi les instrumentistes accompagnant cet intermède l'on pouvait remarquer Alessandro Striggio (vers 1540-1630), futur librettiste de l'Orfeo de Monteverdi, fils du compositeur du même temps, auteur d'une messe à 40 et 60 voix, enregistrée par Hervé Niquet chez Glossa. Le fils s'accompagnait ici d'une 

"arciviolata lira".

Amphitrite introduit une scène maritime où s'avance la nef d'Arion, chantant accompagné par sa lyre. Il est vêtu d'une veste rouge filigrané d'or. C'est le chanteur et compositeur Jacopo Peri qui l'interprète. Un chœur de mariniers lui répond célébrant dans l'allégresse sa mission accomplie.

 

 

 

Intermède 6 : La discesa d'Apollo e Bacco col Ritmo e l'Armonia. (La descente d'Apollon et de Bacchus avec le Rythme et l'Harmonie)

Jupiter envoie sur terre Apollon et Bacchus, porteurs du don de l'harmonie et du rythme. La musique se transforme en un hymne de joie. Le ciel s'ouvre sur une couronne de lumière qui laisse apparaître le Conseil des dieux, sous une pluie de fleurs. Divinités et personnages allégoriques reposent sur des nuées alors que sur scène une fête où dans la danse se rejoignent dieux et mortels. 

 

L'Harmonie préside cet intermède, dominé par une masse chorale démultipliée un madrigal à sept chœurs, exécuté par 60 chanteurs et l'ensemble des instruments de Malvezi suivi par une partie chantée à l'unisson par tous les dieux, expriment toute la splendeur de cette hyménée célébrer en ce jour glorieux.

Le ballet final d'Emilio Cavalieri, auquel participent les deux  grandes interprètes féminines de l'époque - Vittoria Archilei, Lucia Caccini, dans une aria et un dialogue entre les dieux et les humains, sur des paroles de la poétesse Laura Lucchesini de Guidiccioni parachèvent en beauté la Pellegrina.

Si celle-ci a marqué les esprits c'est évidemment parce que le spectacle fut magnifique, mais également parce que les archives en ont conservée la trace fastueuse. Il ne fait aucun doute, que la rencontre pour sa réalisation des musiciens et artistes les plus marquants de cette fin de la Renaissance, va  influencer leurs recherches, pour recréer cet idéal du chant antique.

Mais il faut savoir qu'avant cela les villes italiennes ont connu le faste de fêtes, dont les archives ont disparu lors des guerres et la destruction totale ou partielle des archives de ces cités. Mantoue, Ferrare en font partie, au même titre que Florence. Il existe pour Ferrare des chroniques contemporaines des évènements qui relatent certaines de ces fêtes en 1561 et 1570. Ces spectacles éphémères qui faisaient de la ville un espace théâtrale ont eu une influence artistique non négligeable sur le travail des générations d'artistes qui les ont suivis. Le mariage d'Hercule 1er avec Eleonore d'Aragon en 1473 fût l'occasion pour la capitale de la famille d'Este d'offrir un espace théâtral d'envergure au faste et à la gloire de cette famille, où tout devenait possible, en particulier les jeux de scène les plus merveilleux. Des fresques aujourd'hui disparues du palais Belfiore devaient permettre d'en conserver la mémoire. "Sur la scène était construite une architecture éphémère représentant une ville en perspective constituée de panneaux mobiles peints, démontables à la fin du spectacle. En guise de ciel, une grande voûte céleste reproduisait un ciel étoilé avec les planètes d'où descendait Jupiter sur un nuage grâce à un système mécanique, comme nous l'indique le chroniqueur de l'époque Bernardino Zambotti. Ces décors de scènes étaient favorisés par des automates (inspirés des ouvrages de l'ingénieur grec Héron d'Alexandrie) qui seront utilisés tout au long du XVIe siècle avec une créativité toujours plus débordante. A la fin du spectacle, un feu d'artifice venait susciter l'émerveillement du public". A l'issue de cette fête, l'archiviste et bibliothécaire d'Hercule 1er écrivit un traité Spectacula qui tout au long des décennies suivantes influença les scénographes. Pour la musique, qui forcément devait accompagné ces spectacles, des recherches sont encore à faire. Probablement éphémères, ont - elles seulement été notées ? Ces spectacles étaient des pantomimes accompagnés de musique et de danses. Les années passant ces fêtes prirent de plus en plus de fastuosité.

Les Jardins d'après les cartons B DOSSI atelier H Karcher Les Métamorphoses d'Ovide @ RMN

Pour le mariage d'Alphonse 1er d'Este avec Lucrèce Borgia en 1502, l'on sait par un courrier d'Isabelle d'Este que plus de 5000 spectateurs s'émerveillèrent, témoignant ainsi de l'immense succès de ces festivités. Le spectacle devenant global, la musique et la danse y tenant une place toujours plus importante, le duc décida en 1504 (La sala delle Comedie) de créer un théâtre qui devint la première salle permanente de la Renaissance. Les banquets y deviennent pour les Arts du spectacle des terrains d'expérimentation. Particulièrement raffinés, ils annoncent les grandes mises en scène des années 1560. Le traité que Cristoforo di Messibugo, que ce dernier dédie à Hyppolyte II d'Est nous permet d'en savoir plus sur l'évolution de l'espace théâtral. Toutes ces fêtes empruntent à l'univers carnavalesque son mélange populaire festif venant enrichir l'esprit humaniste antique dont se nourrissent les princes érudits.

Gravée par Orazio Scarabelli. Bataille navale au Palazzo Pitti

Parmi les éléments des festivités du mariage de Ferdinand 1er de Médicis et de Christine de Lorraine, il y eut certes la Pellegrina, mais également des entrées, des tournois et une immense bataille navale. Les moyens financiers sont mis au service de techniques qui doivent faire preuve d'une inventivité sans borne au service de la création artistique. Quoi de plus normal lorsqu'on sait que la magnificence de ces fêtes ont pour objectif de montrer combien les Médicis, et dans les autres villes les autres familles princières ont un rôle politique et artistique fondamental. La concurrence que se livre les différents états italiens de l'époque en la matière a intensifié l'émulation de cette créativité qui ne connaît aucun frein, y compris et surtout financier.

Je vais donc revenir vers vous très vite, sur ce même article pour vous en parler plus en détail, sans rien inventer, juste reprendre le travail fait par les historiens et musicologues. Je citerais toutes mes sources lors de la finalisation de mon article.

Et si "mystères", il y a, c'est à ce brouillard du temps qui nimbe les souvenirs et donnent aux couleurs le sentiment de se voiler

La relecture de ce texte n'interviendra que celui - ci terminé. Je vous prie de bien vouloir pardonner les imperfections que vous pourriez y noter.

Par Monique Parmentier

Les scènes  été gravées par Filippo Succhielli, à Sienne en 1589, d'après un dessin d'Annibale Carracci. -

 

La montagne des hamadryads - La Pellegrina

Sources : Walker, Musique des intermèdes de La Pellegrina, D. P., 1963, CNRS, Paris (réimprimé en 1986), consultable à la BNF

Van Nuffel, Robert O. J. : La Pellegrina, Revue belge de Philologie et d'histoire, année 1976, volume 54, numéro 2, page 667

 

AA.VV. - La scena del Principe - Firenze e la Toscana dei Medici nell'Europa del Cinquecento - Firenze 1980 (in particolare L.Zorzi - Il teatro mediceo degli Uffizi e il teatrino detto della Dogana - F. Berti - I bozzetti per i costumi)

 

La Pellegrina, texte et commentaires publié à Florence en 1971

La Pellegrina, texte édition originale

 

Musique de La Pellegrina à la BNF

 

Estampes par Jacques Callot éditée en 1619/1620 de la vie de Ferdinand Ier de Médicis dont son mariage

actuellement à la BNF - RESERVE BOITE ECU-ED-25 (4)

 

Julie Chaizemartin - Ferrare : joyau de la Renaissance italienne" de Julie Chaizemartin chez Berg international

Copyright : DR

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Published by Parmentier Monique - dans Dossiers Musique
31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 08:15

Chers lecteurs,

Je voulais vous remercier pour votre fidélité "silencieuse" mais dont je reçois parfois des marques en privé. Ces derniers temps, j'ai orienté mon blog vers plus de poésie. A l'origine, je suis une littéraire. La musique m'a toujours accompagné, comme l'amour de la beauté quelle qu'elle soit : la vie, la lumière, la nature, un tableau, un travail artisanal fruit de la main et du cœur. Je n'abandonne donc pas la musique, loin de là.

Bientôt d'autres chroniques de CD et de concerts viendront alimenter mon blog, mais à mon rythme, car il faut bien travailler à côté et lorsque j'écris j'aime documenter mon travail, plutôt que d'écrire vite et n'importe quoi, tout en laissant bien sûr la place à l'émotion, car c'est elle qui guide ma plume.

Encore mille fois merci à chacun de vous.

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Published by Parmentier Monique - dans Divers
18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 12:44

Plus étrange que vrai. Je ne pourrais jamais croire en ces vieilles fables, à ces contes de fées. Les amoureux et les fous ont des cerveaux bouillants, des fantaisies visionnaires qui perçoivent ce que la froide raison ne pourra jamais comprendre. Le fou, l'amoureux et le poète sont tous faits d'imagination. L'un voit plus de démons que le vaste enfer n'en peut contenir, c'est le fou ; l'amoureux tout aussi frénétique, voit la beauté d'Hélène sur un front égyptien ; le regard du poète animé d'un beau délire, se porte du ciel à la terre et de la terre au ciel ; et comme son imagination donne un corps aux choses inconnues, la plume du poète leur prête une forme et assigne à ces bulles d'air une demeure et un sens"

 

Copyright : DR

La reine Titania endormie par Arthur Rackam

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Published by Parmentier Monique - dans Poésie et Littérature

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