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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 16:06

Visuel-cantates.jpgAmour, viens animer ma voix !
Hugo Oliveira – Ludovice Ensemble
Le charme de la cantate profane

Le grand soin apporté par Ramée à ses choix éditoriaux est ici une fois de plus confirmé. Le programme que nous propose le Ludovice Ensemble est rare (deux compositeurs, Louis – Antoine Dornel et Philippe Courbois étant totalement méconnus), précieux et sans être bouleversant n'en est pas moins charmant et intéressant à plus d'un titre.

Si l'on peut regretter ce besoin d'utiliser l'expression « historiquement informé » comme un label qui ferait foi de la qualité du travail réalisé, par le rédacteur du livret, chef de ce jeune ensemble portugais, Fernando Miguel Jalôto, il n'en reste pas moins que sa proposition artistique basée sur l'usage du français restitué par le baryton-basse Hugo Oliveira contribue à nous séduire à l'écoute de ce CD.

Cet album nous invite à la «découverte » toute relative, d'un genre qui vit le jour à la toute fin du XVIIe siècle, succédant à l'air de cour passé de mode :la cantate profane. Loisir aristocratique, la musique de chambre et de concert quitte la cour pour les salons parisiens et des salles de concert ouvertes au public, comme le Concert Spirituel. La cour s'est alors repliée sur elle-même, nous sommes à la fin du règne de Louis XIV. En proie à des deuils successifs et à un retour vers la religion du souverain, dans une France que guerres et famines ravagent, Versailles n'est plus que l'ombre du Soleil. C'est alors Paris qui prend la relève de la vie en société.

La noblesse et la haute – bourgeoisie viennent apporter une nouvelle forme de mécénat musical qui permet à la musique d'atteindre un plus grand public. C'est tout particulièrement le futur Régent, Philippe d'OrléaStuck_visuel.jpgns qui par son soutien à des artistes tel que Jean-Baptiste Stuck, un des grands représentant de la cantate profane, favorisa la créativité musique.
Les Lunaisiens en 2006, nous avait permis de découvrir dans un très bel enregistrement chez Alpha,  ce compositeur, violoncelliste virtuose, d'origine autrichienne né en Italie qui arriva en France en 1705 et y connut un grand succès.
Mais c'est à d'autres compositeurs de cette période que Le Ludovice ensemble s'intéresse nous proposant trois concerts d'Antoine Dornel et trois cantates de trois compositeurs, deux sont particulièrement bien connus : André Campra avec le Jaloux, Louis-Nicolas Clérambault, avec Pygmalion. Le troisième Philippe Courbois, dont on ne connait qu'un livre de cantates publié en 1710, semble avoir eu une vie très courte, mais son Orphée ici représenté, possède une aria avec trompette solo particulièrement rare et brillante. Dans un répertoire qui serait riche de plus 800 œuvres, celles proposées ici illustrent  particulièrement bien la variété du genre.

Cette musique fait immanquablement penser aux tableaux de François Boucher ou bien à cette robe qui orne le livret du CD... Ses couleurs pastel, en quête des « goûts réunis » sont ici fort bien rendues. Toute de grâce, pétillante comme du champagne, chantant l'amour comme un joyeux divertissement, où la souffrance des sentiments y est un art d'aimer plus frivole que tragique et où les dieux, si humains dans leurs émotions, ornent de nonchalance ces tableaux musicaux tendres et sans amertume, parfois un brin cynique.

Le dialogue entre instruments et avec le chanteur est ici élégant mais parfois un peu trop sage, manquant de brillant et parfois un peu trop appuyé. On remarque particulièrement, la flûte et le théorbe élégiaques. La déclamation de Hugo d'Oliveira, bien que travaillée avec Louise Moaty (qui était déjà aux côtés des Lunaisiens en 2006), est soignée mais manque encore de souplesse . L'interprétation d'ensemble est donc un brin trop appliquée et nous aimerions parfois trouver dans ce badinage amoureux un léger soupçon d'ardeur supplémentaire et une légèreté plus bucolique. C'est donc un très joli disque qui viendra compléter fort heureusement votre collection de cantates profanes.

Par Monique

1 CD Ramée – RAM1107
Durée : 76'46''

 

Pour acheter ces CD rendez-vous sur le site Outhere :

 

http://www.outhere-music.com/store-RAM_1107

http://www.outhere-music.com/store-Alpha_111

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Published by Parmentier Monique - dans Chroniques CD

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