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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 19:40
AmandineSableSon enregistrement paru à la fin de l'année 2011 des sonates et partitas de Bach a été consacré par Diapason et par plusieurs autres magazines. Le public comme les critiques sont tombés sous le charme d'une interprète unique par sa personnalité et son sens si sincère et humaniste de l'interprétation de celui dont trop souvent on fait un monument intouchable. Comme pour les 4 saisons de Vivaldi en 2008, Amandine Beyer renouvelle notre écoute, en nous offrant une vision lumineuse et généreuse, à son image, d'une musique qui elle-même chante le don et l'amour de la vie.
 
Il n'y avait plus une seule place de libre au théâtre des Abbesses en ce 14 avril. Il faut dire que depuis la publication du disque, nous étions nombreux à attendre en concert ce programme merveilleux. Aucun autre interprète, ne parvient autant à nous faire ressentir l'extrême sensibilité de la virtuosité, si proche de l'humaine faiblesse et dont émane une force qui apaise et transfigure l'existence.  
Sans partition, Amandine Beyer s'est présentée devant son public, nous offrant en attendant l'intégrale qu'elle nous donnera l'année prochaine à Paris en deux concerts, une sonate (en la mineur BWV 1003) et deux partitas (en mi majeur BWV 1006 et en ré mineur, BWV 1004).
 
Et dès les premières mesures le charme agit. On en oubli, ce monde extérieur qui cogne et s'agite, pour ne plus voir et entendre que cette âme absolue qu'offre les œuvres pour violon de Jean-Sébastien Bach.
Chaque geste, chaque sourire, chaque regard nous dit combien cette musique est dans son extrême complexité, d'une simplicité rayonnante, une offrande musicale qui se partage en toute amitié. Ainsi la virtuosité n'est donc plus un art abstrait, elle est la vie qui se donne pour libérer de la douleur et créer la joie. L'extrême délicatesse du geste, nous offre des fins de phrases, qui se prolongent à l'infini en des traits de lumière torsadés et envoutants. Tel un oiseau de feu, Amandine Beyer, semble rayonner. Elle crèe des nuances d'une élégance extrêmement fines et fulgurantes. Son violon semble lui murmurer des secrets qu'elle nous transmet avec humilité et talent. Autour d'elle, ses ombres dansantes, dues à un très bel éclairage, semble nous inviter à entendre l'invisible.  
 
Amandine Beyer nous subjugue et nous emporte jusqu'au vertige, dans cette solitude si riche, Sei Solo, comme dans l'Andante de la sonate en la majeur (BWV1003), où elle semble se jouer des doubles - cordes, nous en révélant non pas la complexité technique mais plus encore l'incandescente beauté qui en justifie l'existence. Tandis que la chaconne, de la partita en ré majeur (BWV 1004) concluant le concert dans son ivresse, a été un instant de grâce absolu. Comment ne pas y entendre plus qu'un chef d'œuvre, un coeur qui bat ?
Lorsque l'archet interrompt sa course, le geste de la musicienne, prolonge à jamais ce sentiment de bonheur et de grâce. Instant d'émotion d'une telle intensité qu'aucun mot ne peut en fait en rendre toute la quintessence. 
 
Par Monique Parmentier
 
Photo : Monique Parmentier à Sablé en 2008

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Published by Parmentier Monique - dans Chroniques Concerts

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