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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 16:43

5400439000056.jpgTomas Luis de Victoria - Officium Defunctorum - LPH

Collegium Vocale Gent

 

Philippe Herreweghe

 

Pour le cinquième disque de son label, Philippe Herreweghe quitte les géants Bach, Mahler et Brahms pour revenir au répertoire de musique ancienne qu'il a défendu avec tant d'ardeur par le passé et à un compositeur encore trop méconnu aujourd'hui : Tomas Luis de Victoria

Et l'enregistrement qu'il nous offre est certainement un des plus beaux cadeaux que l'on pouvait nous faire à l'occasion de la célébration du 400ème anniversaire de la mort de ce dernier.

Si de son vivant Tomas Luis de Victoria connu une reconnaissance qui lui attira la protection des plus grands, et ce dès son plus jeune âge, tant en Espagne sa terre natale qu'en Italie, où il séjourna, il nous reste encore beaucoup à redécouvrir de lui, même si depuis quelque temps, de plus en plus d'ensembles de musique ancienne, s'y intéressent.

 

Ce compositeur est le maître de la polyphonie espagnole de la Renaissance. De sa musique rigoureuse d'une grande complexité émane un mysticisme fervent. Ce mysticisme qui pouvait faire naître la plus belle des musiques et qui brûlaient les corps comme les âmes sans aucune forme de compassion. Qui pouvait donner les pleins pouvoirs à l'inquisition et en même temps évoquer l'amour de cette mère parmi toutes les mères, la vierge Marie avec une sensibilité et une sensualité si bouleversantes.

Tomas Luis de Victoria naquit à Avila, l'un des centres spirituels de la Contre-Réforme et fut l'élève de Palestrina. C'était un homme en quête d'une paix intérieure qui le mena sur les voix de cette musique si austère, qui élève sans cesse jusqu'à l'oubli de soi. Sa dévotion sincère et son humilité, ne l'empêchèrent pas de connaître une gloire internationale. Il servit dans la dernière partie de sa vie la  sœur de Philippe II, l'impératrice douairière Marie, veuve de Maximilien II, l'empereur du saint Empire romain.

L'officium Defunctorum enregistré ici,lui fut dédicacé. Publié en 1605, soit deux ans après son décès, c'est aussi la dernière œuvre publiée par Tomas Luis de Victoria, son "chant du cygne".

Et l'interprétation que nous en offre Philippe Herreweghe et le Collegium Vocale Gent est tout simplement d'un irradiant et splendide dépouillement. Les 12 chanteurs réunis ici trouvent sous la direction souple et lumineuse de leur chef  les clés de l'harmonie, celles qui libèrent de la souffrance et permettent d'accueillir la mort comme une libération. Leur déclamation parfaitement maîtrisée donne aux paroles chantées toute leur force de conviction. Le tissu polyphonique est aussi léger qu'une soie qui miroite sous les feux d'une foi qui consume les peurs et les regrets. L'intensité dramatique de la "Missa pro defunctis" est ainsi rendue dans toute sa ferveur. La violence du chagrin se noue jusqu'aux larmes... ces larmes qui emportent le flot de la douleur.

 

Pour accompagner cette messe, des motets qui s'adressent à la Vierge en un langage parfois plus chatoyant mais toujours d'un grand raffinement que l'interprétation soutien avec une élégance et une sensibilité qui nous bouleversent.

 

Ce CD où la prise de son équilibrée et fidèle et le livret soigné est plus qu'un hommage rendu à l'un des plus grands compositeurs de la Renaissance. Il nous offre les clés d'un univers où règne l'harmonie.

 

Par Monique Parmentier

LPH 005 - 1 cd - Durée 59'40''

Livret : Français - Anglais - Allemand - Hollandais

Enregistré du 3 au 5 novembre 2011 à Notre - Dame du Liban, Paris

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Published by Parmentier Monique - dans Chroniques CD

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