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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 09:19

J'ai cette semaine renoncé à appliquer l'adage "fontaine je ne boirais jamais de ton eau" et cédé au chant des sirènes romantiques... Et bien m'en a pris, en acceptant une invitation à me rendre à Vienne, cela m'a permis de vivre des instants merveilleux. 

 

Tout d'abord n'hésitez à vous rendre sur le site ODB Opéra, où j'ai publié ma chronique de l'opéra qui m'a attiré au pays de la valse... le Comte Ory

 

Visuel_comte_ory.jpg

Le Comte Ory est l'avant dernier opéra de Gioachino Rossini (1792-1868). Loin du baroque, me direz - vous... Et bien oui.  Lorsque j'ai reçu l'invitation pour me rendre à Vienne entendre cet opéra, j'ai saisi cette chance qui m'a été offerte, d'aller découvrir dans la ville probablement la plus musicale d'Europe, tant sa programmation est d'une grande richesse, cet opéra qui célèbre la vie, l'amour, en une farce lyrique pleine de piment et de joie. Et cette bien belle surprise que la vie m'a réservée m'a permis de boire à cette fontaine de jouvence que peut être le romantisme lorsqu'il est interprété avec une telle fougue.

cecilia_Bartoly.jpgLors de la représentation du 25 février, j'ai découvert tout ce que j'aime dans le théâtre, et donc à l'opéra. Une troupe joyeuse, s'emparant de la mise en scène, avec gourmandise et facétie. Comme je l'écris dans ma chronique du concert, la mise en scène du duo Moshe Leiser et Patrice Caurier, fait la part belle à l'esprit canaille, insolent et grivois du vaudeville qu'affectionnait tant le XIXe siècle et qui dans le Comte Ory est la clef même de l'histoire. Rien de vulgaire, tout ici est mené tambour battant, on rie de bon  cœur et même ceux qui connaissent parfaitement l'histoire se laisse surprendre. Il s'agit d'une reprise, puisque cette mise en scène fut donnée pour la première fois en 2011 à Zurich, avec en tête d'affiche Cécilia Bartoli, qui reprend à Vienne le rôle de la Comtesse Adèle. Souffrante elle n'a pu chanter toutefois à la première le 16 février, étant remplacée jusqu'au 23 inclus par Pretty Yende. La représentation du 25 était donc sa deuxième. Elle trouve ici un rôle à sa mesure, qui bien que loin des éclats pyrotechniques des récitals, lui permet de révéler au public combien non seulement sa voix est certes magnifique, mais qu'elle actrice de talent elle est. Elle se régale vocalement et scéniquement, en bourgeoise d'abord coincée, puis en femme épanouie, joueuse et croqueuse de jolis garçons.

Elle est entourée d'une merveilleuse distribution où chacun est parfaitement à sa place. J'ai oublié de parler de celle qui tient le rôle de sa suivante dans mon article sur ODB, Liliana Nikiteanu. Je tiens à réparer cet oubli, tant elle mérite, autant que tout le reste de la distribution, des éloges. Portant des bas anti-varices, un petit chapeau à voilette et une jupe droite qui la boudine, elle remplit son rôle avec une verve éclatante.

Credit-photo-Ensemble-Matheus_Edouard-Brane.jpgL'Ensemble Matheus sur instruments anciens et ses couleurs éclatantes, fait partie de ces rares orchestres, qui peuvent nous faire redécouvrir des compositeurs que l'on croit trop bien connaître. Ces dialogues tout en nuances avec les chanteurs et tout particulièrement Cécilia Bartoli, la sensualité, la rondeur de ses cordes, des flûtes, des hautbois, ainsi que de la clarinette, le brillant festif des cuivres, des percussions endiablées, est un véritablement enchantement, participant à l'action. La complicité fosse/scène est un vrai plaisir, rendu possible grâce à l'enthousiasme de Jean-Christophe Spinosi. Voici un chef qui aime les voix et qui aime à faire chanter son orchestre.

2--Ensemble-Matheus---Cre-dit---Edouard-Brane--2-.jpgEnfin, comment ne pas parler de ce bis si exceptionnel de la scène finale, obtenu grâce à des rappels nourris qui a permis de quitter ce si charmant séjour, qu'est le Theater an der Wien, en emportant un véritable rayon de soleil, capable d'effacer toute la grisaille de ce long hiver. A la suite de la représentation j'ai pu rencontrer Jean-Christophe Spinosi, qui a évoqué ces projets pour les prochaines saison, dont 4 Rossini à venir et surtout une collaboration qui va se poursuivre avec Cécilia Bartoli. Les parisiens pourront les découvrir dans la reprise d'Otello de Rossini au TCE en avril 2014. Pour en savoir plus, il faudra attendre l'annonce de la saison à venir par les salles. Mais il est certain que le chef et violoniste corse d'origine et breton d'adoption, a des idées et des projets qui trouvent à Brest et à Vienne un environnement favorable à sa créativité bouillonnante.

visuelcomteoryvienneIl a également évoqué son travail avec le festival des Vieilles Charrues. Qui d'ailleurs seront au Châtelet prochainement. Rare sont les chefs qui osent sortir des sentiers battus, surtout en France, d'une musique classique réservée à une élite et tentant des expériences qui peuvent surprendre. Jean-Christophe Spinosi trouve et transmet du plaisir autant avec la musique de Vivaldi ou de Rossini dans des salles de concert traditionnelles que dans un festival, devenue un moment fort de la vie musicale en Bretagne. Avec son ensemble Matheus, son intégration au tissu social est donc une belle réussite qui démontre, combien ses résidences d'artistes sont importantes pour l'avenir de la musique.

Par Monique Parmentier

Crédit Photographique : Le Comte Ory - Ensemble des interprètes, Arnold Schoenberg Chor, Jean-Christophe Spinosi  © Theater an der Wien ; Cecilia Bartoli à Zurich © Jef Rabillon ; Ensemble Matheus  ©Ensemble Matheus/Edouard Brane ; Comte Ory Vienne © DR

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Published by Parmentier Monique - dans Chroniques Concerts

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