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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 08:15

Chers lecteurs,

Je voulais vous remercier pour votre fidélité "silencieuse" mais dont je reçois parfois des marques en privé. Ces derniers temps, j'ai orienté mon blog vers plus de poésie. A l'origine, je suis une littéraire. La musique m'a toujours accompagné, comme l'amour de la beauté quelle qu'elle soit : la vie, la lumière, la nature, un tableau, un travail artisanal fruit de la main et du cœur. Je n'abandonne donc pas la musique, loin de là.

Bientôt d'autres chroniques de CD et de concerts viendront alimenter mon blog, mais à mon rythme, car il faut bien travailler à côté et lorsque j'écris j'aime documenter mon travail, plutôt que d'écrire vite et n'importe quoi, tout en laissant bien sûr la place à l'émotion, car c'est elle qui guide ma plume.

Encore mille fois merci à chacun de vous.

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 22:14

« Les humains doivent enfin se réveiller, et prendre « conscience de leur inconscience » s’ils veulent perdurer, retrouver une manière juste d’habiter la terre et réenchanter le monde. » Pierre Rabhi, La convergence des consciences.

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Published by Parmentier Monique - dans Divers
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 19:36

Dans le regard de cette petite fille, il y a tant de moi. Née en 1908, dans une famille aisée, elle semblait promise à une vie tracée, équilibrée et sans gros soucis... cette petite fille, c'est en fait ma grand mère. Elle ne nous a jamais parlé de ses rêves d'enfants, ni des raisons de ce regard mélancolique. Je ne connais que les raisons, Mais ses rêves silencieux me sont familiers. C'est cette enfant que je connais... et cette grand-mère à laquelle j'aimerais dire tout mon amour, est désormais et à jamais une enfant. Le temps passe si vite. Je me dis en te regardant que tu es là près de ta maman pour toujours et pas si loin de nous. Merci... merci à toutes deux... merci de m'avoir donner la possibilité de vivre certains de vos et de mes rêves et d'avoir pu poursuivre la route. Mille e mille volte grazie

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Published by Parmentier Monique - dans Divers
19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 21:13

Ce matin, cette rencontre avec cette photo réalisée par Richard Avedon en 1957, sur le plateau de Funny Face... A été un rare instant d'émotion. 

Je ne saurais dire précisément pourquoi cette photo me touche... Sa grâce, son élégance, le sentiment d'éternité de ce pas de danse si éphémère et de ses danseurs dont les corps sont tout à la fois lumière et sensualité ... Tout cela et encore plus... Le besoin de m'échapper dans ce mouvement des corps et des âmes.

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 15:11

Que sait-on vraiment des Elisyques ?

Que c'était probablement une peuplade ligure (peuples indo-européens, italo-celtique), ayant subi une influence ibérique. Très active, elle avait même sa propre monnaie.

Elle occupait jadis l'oppidum de Montlaurès, tout proche des étangs de Bages et de Sigean, et du delta de l’Aude. Du haut de ses quelques 56 mètres, cet oppidum est la matrice originelle de Narbonne. Le royaume des Elysiques s’étendait de la région de Leucate jusqu’à celle d’Agde.

L'oppidum d'Ensérune, le mieux conservé, car ayant bénéficié d'une occupation plus longue, en a fait partie. Montlaurès, sous le nom d’Elycia en était la capitale. Ils n’avaient jamais été soumis par les voisins grecs. Puis, leur royaume fût détruit par des peuplades celtes venues d’Europe centrale, les Volques. Le site devait ultérieurement s’accroître et donner naissance à Narbonne, car au pied de cet oppidum, en effet, passaient tous les flux d’importations (bijoux, perles, verroteries, vases grecs, ibériques poteries massaliotes ou italiotes de Campanie, poteries celtiques, etc.), et d'exportations (produits agricoles, sel, minerais : plomb, or, cuivre, étain).

Mais peut - on imaginer que l'âme d'un peuple heureux puisse disparaître à jamais... à chacun de répondre à cette question.

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 13:10

Liege-004.JPGPassage à l'Opéra impérial à Fontainebleau et à l'Opéra Royal de Wallonie à Liège pour Manon de Jules Massenet. Me voici devenu pour un temps romantique. Mais toujours très fidèle au baroque.

Liège aura été pour moi l'occasion de découvrir la ville de mes arrières-arrières grands parents. Au fond, un retour aux sources et à la gourmandise. L'occasion aussi de découvrir vraiment cette si belle musique de Massenet. Ma chronique pour Odb vous dira mon sentiment à l'issu de la représentation.

 

Liège 031La ville elle, m'a laissé un sentiment mitigé. La gentillesse des liégois n'est pas une légende. Mais la ville semble tristounette, tant les chantiers et les friches sont partout présents. Les briques rouges devenus noires sous l'effet de la pollution, des immeubles non ravalés, certains quasi abandonnés, provoquent un sentiment de tristesse assez étonnant. Je m'attendais à autre chose et c'est OutreMeuse, le quartier populaire de Liège du temps des arrières-arrières grands parents, que j'ai trouvé cet autre chose. Une vrai rencontre avec "ma" Belgique, celle de mes souvenirs d'enfance et des souvenirs de mes grands-parents et parents.

Et que de gourmandises que l'on aimerait avoir le temps de goûter. Il me faudra revenir. La Cathédrale Saint - Lambert a disparu à la révolution. Et oui, la seule cathédrale d'Europe ayant disparu a été détruite par les habitants qui ont ainsi voulu marquer le rejet des réglements voulu par le Prince - Evêque qui allait à l'encontre des libertés de la ville.

 Liege-032.JPGLa Cité des Ardents vit donc disparaître l'un des plus immenses vaisseaux gothiques européen. Il pouvait contenir plusieurs milliers de personnes. Liege-029.JPGA la place aujourd'hui, l'église Saint- Paul est devenu Cathédrale. Construite entre le XIIIe et XVe siècle, elle a été restaurée au XIXe siècle. On y trouve, une superbe sculpture baroque sur bois (tilleul de Jean Del Cour) représentant Saint - Jean Baptiste (ma photo est un peu flou, mais je la préfère à celles que je pourrais trouver sur internet) et également un très beau cloître de la fin du XVe /début XVIe siècle. Le manque de temps ne m'a permis de la visiter en détail et je n'ai guère pu me rendre au Trésor.

 

Liege-065.JPGLiege-064.JPG

Outremeuse se sont les maisons de briques, les potales et Tchantchès (un personnage du folklore liégois dont mon grand-père nous avait parlé) qui ont guidés mes pas. La Meuse que l'on traverse, noble et paisible est un fleuve où le transport fluvial est encore important. Les lumières mélancoliques de l'automne et des horizons bouchés pas des immeubles modernes, m'ont laissés partagés.

 

Liege-046.JPGLiege-016.JPG

Les belges sont gourmands tant pour les charcuteries que pour les patisseries et à chaque coin de rue, les tentations sont nombreuses.  Ne parlons pas de ce cornet de frites qui m'aurait fait bien envie, de ces gaufres succulentes et des bières qu'on aimerait avoir le temps de savourer.
Liège est une ville aux charmes profondément mélancoliques qui demandent plus d'une journée pour se dévoiler, et j'espère y revenir pour mieux la découvrir.
Je reviendrais bien vite vous parler de l'Opéra impérial de Fontainebleau.
Liege-068.JPGLiège 036

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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 14:27

narbonne-ete-2014-329-copie-1.JPGnarbonne-ete-2014-209.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai mis beaucoup de temps à revenir, car du temps j'en avais "besoin". J'avais mis la musique entre parenthèses, car certaines blessures non cicatrisées donnaient au mot "partage", une connotation destructrice.

 

narbonne-ete-2014-284.JPGIl me fallait retrouver le temps. Un temps qui s'arrête ou prend le temps de s'écouler avec les sources claires, loin des menteurs et des manipulateurs croisés sur des chemins bien moins lisses qu'ils n'auraient du être.

 

Lorsque j'ai commencé à écrire sur la musique, lorsque je me suis engagée dans le bénévolat à Versailles, je pensais ne croiser, bien trop innocement je pense, que des personnes passionnées avec qui "partager" l'amour du beau, un amour qui rend généreux, crée un dialogue entre culture, ouvrant les horizons.

 

Concernant Versailles, j'ai récemment rayé de mes amis, un escroc. Un manipulateur que j'ai heureusement vu venir, contrairement à celui croisé en écrivant des chroniques musicales.

 

narbonne-ete-2014-332.JPGIl m'a fallu du temps, beaucoup de temps et c'est à l'Abbaye de Fontfroide, durant le festival Musique & Histoire qu'en juillet, il s'est enfin arrêté. Là au milieu de la garrigue, en soirée, une soirée recouverte par les nuages, le vent a chanté et l'a suspendu. Le vent et les violes de Jordi Savall et Philippe Pierlot !

 

Il m'arrive encore de revoir dans mes rêves cet instant. Lorsque enfin, j'ai osé vaincre ma peur de partir seule dans les collines.

 

Des nuages bas les recouvraient. L'orage menaçait. La nuit pourtant encore lointaine semblait vouloir s'en emparer. Un vent aux senteurs lourdes les écrasait. Il était l'heure de dîner, avant un concert prévu à 21 h 30.

 

Pourtant quelque chose m'appelait dans ces collines. Alors, j'ai répondu à cet appel.

 

narbonne-ete-2014-372.JPGPourquoi est-il si difficile de vous faire entendre cet instant où l'harmonie a chanté ? Je ne saurais précisément vous le dire. Mes photos n'y parviendront pas plus. Je marchais, marchais. A chaque pas, je me disais, en voyant un arbre, une tour de guet, je vais aller là-bas et je m'arrêterais. Mais je ne parvenais pas à m'arrêter. Mon souffle restait léger pourtant, alors qu'asthmatique, je respire mal dès que je fais un effort. Je ressentais la caresse de l'air. La beauté du chemin me poussait à continuer. Et puis, ... je ne saurais dire précisément pourquoi, je me suis retournée. J'ai d'abord perçu le sifflement du vent qui parcourait la garrigue, puis aperçu un oiseau de proie qui survolait la forêt plus haut. Le vent sifflait t-il vraiment ou chantait-il ? ou... il me semble encore qu'il parlait, tout comme au loin ces voix des violes de Jordi Savall et de Philippe Pierlot qui répétaient encore et encore. J'ai su alors que j'étais arrivée. Que le poids du chagrin était resté sur le chemin. Oui j'ai su que j'étais arrivée et que désormais, la peur avait disparu, qu'elle n'avait plus lieu d'être. Longtemps, longtemps, longtemps... Je suis restée là. Une éternité. Savourant l'harmonie, celle de la Terre Mère. Et puis les voix des violes se sont perdues, suspendues. Il m'a fallu redescendre. Pourtant, je sais désormais qu'une partie de moi est là-bas. Sur ce chemin, je retournerais.

 

narbonne-ete-2014-019.JPGDu festival Musique & Histoire, pour un dialogue interculturel, je garde bien plus que des mots, ou que mes trois articles. Deux pour Classique News : Chants d'exil et d'amour et Une source d'harmonie et le dernier pour ODB que je n'ai pas titré, parce qu'il est difficile de laisser partir, cette harmonie.

Ce bien plus, s'appelle de belles rencontres, avec de merveilleux artistes et aussi toutes ces belles personnes croisées à l'abbaye et à Narbonne. Jamais, je n'ai reçu un accueil aussi chaleureux, vu tant de belles choses. Narbonne est une ville dont la beauté, la générosité est à l'image de ses musées et de ses gourmandises.

 

narbonne-ete-2014-024.JPGUne ville où le sud,vous sourie et où souffle un vent qui fait vibrer la lumière. Une ville où dans ses rues on ressent un bien-être devenu rare. Sous les Halles, une merveille architecturale, la convivialité est à l'image de ses restaurateurs et de ses commerçants, dorée comme son miel. Fille du nord, je ne me suis jamais sentie intruse, avec mon accent pointu de parisienne.

 

 

 

 

 

 

 

narbonne-ete-2014-216.JPG

Les Corbières me manquent. Narbonne me manque. Fontfroide et sa source d'harmonie qui s'écoule désormais dans mes veines m'appellent.

 

Par Monique Parmentier

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Published by Parmentier Monique - dans Divers
26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 00:09

mazarinOui, elle existe, ce soir j'ai connu une nuit magique, faîte de beauté. J'ai découvert l'envoûtement des nuits d'Orient à Versailles. Invité à l'inauguration officielle de l'exposition de la Chine à Versailles, cet évènement m'a fait oublier le quotidien. Voici quelques photos de cette superbe exposition que j'ai réalisées. A voir, pour tous ceux qui aiment les porcelaines et le jade. Bonne nuit aux pays des horizons lointains.

 

   
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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 09:42

Fontfroide-152.JPGJe voulais à l'aube de l'année nouvelle et alors que je m'apprête à m'absenter pour 48 heures, d'abord vous remercier chères lectrices et lecteurs qui de France et de contrées lointaines qui me font rêver, me faites l'honneur de prêter quelques attentions à ce que je souhaite partager avec vous... Une musique du coeur et de l'âme.
 
Je tiens aussi à remercier les artistes et les attachés de presse qui tout au long de l'année 2013, m'ont offert des instants merveilleux, qui ont enchanté mon quotidien.
 
L'année 2013 me fut belle et ne pas le reconnaître serait profondément injuste. Mais je sais aussi que beaucoup d'être humains, ainsi que notre environnement, souffrent. Il m'est impossible de l'oublier, car je me sens profondément citoyenne de ce monde.
 
La beauté est là pourtant à notre portée. Alors c'est avec les mots des poètes, et quelques photos prisent en 2013 que je viens aussi ici, avec certes du coup un peu d'avance... -et j'espère que vous ne m'en voudrez pas pour cela-, vous souhaiter une très belle année 2014. Puisse-t-elle vous apporter tout le bonheur que vous en espérez. J'espère que la musique sera pour vous une source de joie et d'harmonie.
 
Fontfroide 244La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.
Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.
Paul Eluard, L’amour la poésie, 1929

Mediterranee "La Méditerranée a toujours été ce creuset où ce sont des rencontres, des échanges qui pourraient se faire / l’or de la pensée enfin vraie si obstinément désirée et si constamment trahie par la société humaine » Yves Bonnefoy.... "

C'est très important le rire, il brise le mur de la peur, de l'intolérance et du fanatisme." Tahar Ben Jeloul
 
"Mon Dieu ! Donnez-nous une passion ! Qu’elle vienne de l’étrange ou de l’inconnu, qu’elle soit forte et belle, qu’elle fabrique du bonheur ou de la folie, mais qu’elle soit là sur notre chemin, tant que nous avons l’énergie de défier les impossibles, d’imaginer le rêve et d’en être jusqu’à la fin." Tahar Ben Jeloul

Merci à tous.
Monique Parmentier
 
Rome 2013 196Le Cancre

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec les craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur. 
Jacques Prévert
 
 
 
 
 
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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 17:57

st-maria-sopra-minerva-filippino-lippi_1296976683.jpgCe qui me frappe alors que je séjourne à Rome pour la seconde fois et d'où je vous écris, c'est tout à la fois l'absence de la musique baroque - et ancienne de manière plus générale - et son étrange présence, comme un appel du silence. Des fresques médiévales de Filippino Lippi à la Chiesa Santa Maria Sopra della Minerva à l'Ange musicien du Caravage dans la fuite en Égypte à la Galeria Doria Pamphilj, la musique qui accompagnait ses artistes chante, se colorise, s'irise... J'ai passé une merveilleuse année où la musique du silence m'aura parfois accompagné. Quelques musiciens auront aussi comme les Incogniti, les Cris de Paris, Jordi Savall,... Claire Lefilliâtre... le temps d'un concert redonné vie à cet ineffable que je guette... 


N'avez-vous jamais eu l'impression de courir après quelque chose qui n'existe pas ? Quelque chose que vous ne pourriez même pas nommer ? Et puis tout à coup il ou elle est là (une fresque de Filippino Lippi, un tableau du Caravage, la lumière romaine, les couleurs de la Méditerranée vu du ciel ... )... Il ou elle est là et vous ne pouvez pas l'atteindre... Il ou elle vous bouleverse sans que l'émotion ressentie ne puisse vous libérer du poids du quotidien plus longtemps que cet instant fugace et si intense que tout le reste vous paraît vain

 

Farnesina-copie-1.jpgLe retour à la réalité parisienne ne rend que plus absurde ce qui peut nous attacher à vouloir partager une émotion musicale... Une émotion artistique... Comment décrire l'attente pour revoir ces fresques, entre-aperçues trop rapidement l'année dernière, puisqu'un mariage se déroulait dans l'église -, et l'instant où elles se dévoilent à vous. Aucune photo, aucun film, aucun mot... Aucune note non plus d'ailleurs. Juste un étrange silence qui vous atteint. Celui qui vous laisse imaginer cette musique qui devait se vouloir céleste. Celle que j'entends en regardant ces anges danser autour de la Vierge, n'a peut-être rien à voir avec celle qui a pu être jouée en ces lieux tandis que Filippino Lippi laissait courir ses pinceaux, transformait des couleurs en cette danse harmonieuse. Je me sens juste bouleversée par ce silence qui m'entoure et ... longtemps je suis restée là, me demandant pourquoi repartir, tant je me suis sentie si bien. Que d'un mur émane une lumière aussi vivante que celle qui illumine la Cité à l'extérieur me semble si merveilleux, que tout le reste ne m'en paraît que plus difficile à vivre... et pourtant... si la réponse était là, vivre des instants fugaces de grand bonheur, car ils sont les plus beaux.

 

Rome 2013 337Les guides vous diront ce que vous devez voir si le temps vous presse, mais à Rome justement le temps s'arrête pour vous. Plus rien ne vous presse. Et tandis que dans la rue, l'Italie semble répondre aux urgences du quotidien, vous êtes là, à la Farnesina, à vous dire que tous ces guides qui vous conseillent de ne voir la Farnesina qu'après de nombreuses autres villas ou palais, vous trompent. Comment quitter ce lieu magnifique, conçu pour le bonheur, baignant dans la lumière. Ne croyez pas que Baldassarre Peruzzi et tous les artistes qui ont participé à sa décoration et à sa construction, soient des artistes mineurs et que seul le Triomphe de Galatée par Raphaël mériterait votre regard. Et c'est pour cela peut-être que ce n'est pas la sublime Galatée que je choisis ici pour illustrer mon propos. Ne croyez pas que la musique en soit absente. L'harmonie du lieu rayonne mélodieusement et lorsque j'écris ces mots, l'émotion encore vive m'étreint à ce simple souvenir.  De belles dames vous invitent à vous laisser apaiser par la beauté. Agostino Chigi aimait l'art et en faisant construire ce lieu de plaisir, il nous a laissé bien plus qu'un objet de visite qu'il faudrait malgré tout avoir fait dans son parcours touristique... il nous a légué un refuge onirique et sensuel.Rome 2013 217

 

Refuge ! Voilà bien un mot que certains se croiront obliger d'interpréter aux yeux de la psychanalyse... Fausse science pour société de consommation qui n'existait pas à la Renaissance et à l'époque baroque. Le rêve prenait un autre sens. Et lorsque Caravage surgit, sa force, sa part d'ombres déchirantes et l'intensité de l'embrassement qui émane de ses œuvres, même de jeunesse, m'empoignent, m'emportent tout simplement dans des ailleurs, où le confort n'existe pas et où le refuge est une illusoire vérité atemporelle.

Rome possède sa part de violence, de peur, où au chômage et à la misère d'aujourd'hui dans laquelle sombre l'avenir d'une jeunesse sans illusion,  répondent les bûchers, les guerres et les épidémies d'hier. Les artistes disposaient à l'époque de riches mécènes et si les trésors des palais n'étaient pas accessibles aux plus pauvres, la beauté si foisonnante dans les églises, devaient étancher bien des soifs. Et tous ceux qui n'avaient parfois rien à manger et une espérance de vie qui ne faisait que souligner l'urgence à prendre ce que la vie vous donne, certaines images devaient apporter ces instants de fulgurance qui transcendent.

Rome 2013 507La musique de l'Ange musicien, Philippe Beaussant en parle si bien, dans Passages, De la Renaissance au Baroque. A chaque fois que je le croise, à Versailles ou Sablé, j'aime l'enthousiasme de ce si jeune académicien. Ce dernier tableau du peintre avant son passage dans l'ombre et que j'ai pu voir l'année dernière et cette année à la Galeria Doria Pamphilj est bien plus qu'un objet, aussi beau soit-il.

 

Dans ce Palais empoussiéré et gris à l'extérieur, la splendeur vous attend, une splendeur désormais  si proche de sa disparition, qu'elle me fait songer à la fin du Guépard de Lampedusa. Mais par tous les moyens qui leurs sont offert les Pamphilj tentent encore, sans rien céder, de préserver ces trésors qui leur appartiennent depuis leur origine. Il s'agit probablement de l'une des plus remarquables collections privée de peinture, et pas seulement, rendue accessible à tous.

Avant d'atteindre le Repos durant la fuite en Egypte et son ange musicien et leur douce voisine, une Madeleine pénitente du même maître, vous traverserez des salles dont les fresques, les décors, les toiles et les sculptures sont des ornements d'une humanité en quête de l'harmonie. Toutes ces œuvres vous invitent dans un univers unique de beauté. Presque tous les grands noms de l'histoire de l'art  y sont représentés. Vous y croiserez des italiens, flamands, français et bien évidemment des antiques. Tiziano et sa redoutable Salomé, Le Tintoret, Jan Brueghel l'ancien, Le Lorrain et sa fuite en Egypte, Dughet, Parmigiano et sa si douce Madone, Quentin Metsys, Vélasquez et tant d'autres, sont là, vous interpellant, vous arrêtant.
Rome 2013 509Puis vous descendez quelques marches. Vous aimeriez prêter plus d'attention aux toiles du grand Titien. Mais celles qui vous attirent vous happent littéralement sont là, juste devant vous. Et malgré dans votre dos le regard de Salomé qui ne vous quitte pas, vous ne voyez plus, vous n'entendez plus que la musique du Caravage. Assez curieusement, la copie d'une autre toile du Caravage a été placée là. Il s'agit d'un Jean-Baptiste. Mais pas besoin d'être un expert pour tout de suite voir qu'il ne s'agit que d'une copie (l'original est au Capitolin). Trois fois rien, sauf que l'on ne peut que se dire que jamais Caravage n'aurait commis un corps aussi peu... "vrai".
Rome 2013 307De ce repos, Philippe Beaussant écrit "C'est - comment dire  ?- non pas un passage, mais précisément comme si le Caravage avait inconsciemment bien sûr, pressenti la justesse du sujet qu'il allait peindre : une halte, un temps d'arrêt, un repos avant la fuite."... je suis tentée d'écrire un "refuge".... c'est son "dernier tableau heureux" et sa musique est celle des anges. Elle est là, on l'entend, on la voit, elle est palpable. Elle n'appartient qu'à nous, à celle ou celui qui veut l'entendre. Elle n'est pas unique, elle n'est pas forcément celle du temps du Caravage. Car au fond, le temps du Caravage n'est-il pas l'éternité ?
Et comme l'année derniè
re, je tourne autour, je m'installe sur des sièges prévus juste en face pour s'arrêter, ...se reposer... je repars dans la dernière salle, celle des primitifs... puis je reviens. J'écoute ces deux toiles... j'écoute aussi quelques commentaires de touristes comme égarés et effrayés devant ce que leur on a dit être un chef-d'œuvre... mais qu'ils préfèrent voir comme joli. Peu de monde, on passe devant le Caravage comme devant la Joconde,. Mais lui, on semble le craindre. "N'a-t-il pas tué ?""Tu es sûr " ? "Il me semble", "pourtant à le regarder on le croirait pas". Rome 2013 542Qui ou que regardent-ils ces touristes pressés que seule l'unique pluie de mon séjour a toutefois rendue plus nombreux en ces lieux que l'année dernière. J'entre dans la toile, je poursuis cette musique qui me mène loin des amitiés illusoires, de la course effrénée de mon quotidien. Je suis en paix, je suis tourmentée. Quelque chose me dit que ceci ne répond pas aux questions qui m'assaillent tout en me consolant.

Je repars, laissant derrière moi, cette musique du silence. Il ne me reste alors que quelques heures à passer dans Rome. Je sais déjà que je reviendrais. Mais avant de quitter ce palais, j'entends ces deux musiciens sensés faire revivre la musique du Caravage se disputer, ... à l'italienne, dans la salle du Trône pour une histoire somme toute bien banale. Ils me voient, je leur sourie... ils rient. Dehors la pluie s'est arrêtée, le soleil revient et je m'en retourne dire au-revoir à Rome dans les jardins de la Villa Borghese. Demain du ciel, la Méditerranée et ses couleurs, cette terre "bleue comme une orange", me bouleversera une dernière fois... Oui, je le sais déjà, je reviendrais. Car "Roma, è la città più bella del mondo". La lumière y surgit de l'ombre, elle est l'ombre et me fait songer à ce dernier poème de Robert Desnos :
 

J'ai rêvé tellement fort de toi,
J'ai tellement marché, tellement parlé,
Tellement aimé ton ombre,
Qu'il ne me reste plus rien de toi,
Il me reste d'être l'ombre parmi les ombres
D'être cent fois plus ombre que l'ombre
D'être l'ombre qui viendra et reviendra
dans ta vie ensoleillée.
 

 

Par Monique Parmentier

 

PS : J’allais oublier, mon passage au Panthéon, promis à Amandine. Car c’est bien la musique de Corelli qui m’aura accompagnée tout au long de mon séjour romain. le Memento Mori des Cris de Paris au Palazzo Spada... aura éclairé cette perspective surprenante de Borromini.

  

Droits photographiques : Monique Parmentier (Merci de n'utiliser ces photos qu'après m'en avoir fait la demande)

    Rome-2013-366.JPG 

 


 

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  • Le blog de Susanna Huygens
  • : Je ne prétends pas ici faire travail de musicologie je souhaite juste tout au plus vous faire partager ma joie à l'écoute de ces musiques dont j'aime vous entretenir, mais aussi de l'art et de l'esprit baroque. J'espère tout comme Puck à la fin du Songe d'une Nuit d'été pouvoir compter sur votre indulgence et vos remarques car "Ombres que nous sommes, si nous avons déplu, figurez-vous seulement (et tout sera réparé), que vous n'avez fait qu'un somme, ...
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