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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 14:58
@ Monique Parmentier

"Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres qui vous libèrent, qui vous aiment d’une affection aussi légère à porter que forte à éprouver. La vie d’aujourd’hui est trop dure, trop amère, trop anémiante, pour qu’on subisse encore de nouvelles servitudes, venues de qui on aime. À la fin, on mourrait de chagrin, littéralement. Et il faut que nous vivions, que nous trouvions les mots, l’élan, la réflexion qui fondent une joie, la joie. Mais c’est ainsi que je suis votre ami, j’aime votre bonheur, votre liberté, votre aventure en un mot, et je voudrais être pour vous le compagnon dont on est sûr, toujours".

Lettre d'Albert Camus à René Char

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Published by Parmentier Monique - dans Poésie et Littérature
5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 16:03

C'est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d'incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes

Rien n'est si précieux peut-être qu'on le croit
D'autres viennent Ils ont le cœur que j'ai moi-même
Ils savent toucher l'herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s'éteignent les voix

 

 

Il y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l'aube première
Il y aura toujours l'eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n'est le passant

C'est une chose au fond que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont en eux
Comme si ce n'était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre

Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle
Qu'à qui voudra m'entendre à qui je parle ici
N'ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle

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Published by Parmentier Monique - dans Poésie et Littérature
18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 12:44

Plus étrange que vrai. Je ne pourrais jamais croire en ces vieilles fables, à ces contes de fées. Les amoureux et les fous ont des cerveaux bouillants, des fantaisies visionnaires qui perçoivent ce que la froide raison ne pourra jamais comprendre. Le fou, l'amoureux et le poète sont tous faits d'imagination. L'un voit plus de démons que le vaste enfer n'en peut contenir, c'est le fou ; l'amoureux tout aussi frénétique, voit la beauté d'Hélène sur un front égyptien ; le regard du poète animé d'un beau délire, se porte du ciel à la terre et de la terre au ciel ; et comme son imagination donne un corps aux choses inconnues, la plume du poète leur prête une forme et assigne à ces bulles d'air une demeure et un sens"

 

Copyright : DR

La reine Titania endormie par Arthur Rackam

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Published by Parmentier Monique - dans Poésie et Littérature
24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 11:21

"Écoutant, en effet, les cris d'allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette... foule en joie ignorait, et qu'on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu'il peut rester pendant des dizaines d'années endormi dans les meubles et le linge, qu'il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l'enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse".
---- Albert Camus, "La Peste" (1947)

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Published by Parmentier Monique - dans Poésie et Littérature
14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 12:52

Rencontre poétique du jour, citation de la page Face Book, Littérature et Poésie:

« Et s'il se trouve que je parle à un être distant, et si, aujourd'hui nuage du possible, demain tu tombes, pluie du réel sur la terre --- n'oublie jamais que ta divinité, c'est d'être née de mon rêve. Sois toujours dans la vie ce qui peut être le rêve d'un solitaire, et non pas le refuge d'un amoureux. Fais ton devoir de simple calice. Accomplis ton mystère d'inutile amphore. Que personne ne puisse dire de toi ce que le fleuve peut dire de ses rives : qu'elles existent pour le borner. Plutôt ne jamais couler de sa vie entière, plutôt tarir, à force de rêver.
Que ta vocation soit d'être superflue, que ta vie soit ton art de la regarder, ton art aussi d'être la regardée, la jamais semblable. Ne sois jamais rien d'autre. »

Fernando Pessoa - Le Livre de l'intranquillité
Traduction de Françoise Laye

 

Photographie personnelle

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Published by Parmentier Monique - dans Poésie et Littérature
9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 19:46

Tandis que je travaille à ma chronique des Routes de l'esclavage ma revient soudain en mémoire, à fleur de peau ce merveilleux texte d'Albert Camus :

"Que d'heures passées à écraser les absinthes, à caresser les ruines, à tenter d'accorder ma respiration aux soupirs tumultueux du monde ! Enfoncé parmi les odeurs sauvages et les concerts d'insectes somnolents, j'ouvre les yeux et mon cœur à la grandeur insoutenable de ce ciel gorgé de chaleur. Ce n'est pas si facile de devenir ce qu'on est, de retrouver sa mesure profonde."...

"La basilique Sainte-Salsa est chrétienne, mais à chaque fois qu'on regarde par une ouverture, c'est la mélodie du monde qui parvient jusqu'à nous"

Qu'est-ce que le bonheur, sinon l'accord vrai entre un homme et l'existence qu'il mène."

Puisse un jour l'humanité retrouver la paix dans cette sensualité infinie, de l'instant gorgé de lumière et du chant du monde.

Copyright photo : DR

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Published by Parmentier Monique - dans Poésie et Littérature
5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 19:53

« Joie, fureur de joie, soleil qui illumine tout ce qui est et sera, joie divine de créer ! Il n’y a de joie que de créer. Il n’y a d’êtres que ceux qui créent. Tous les autres sont des ombres, qui flottent sur la terre, étrangers à la vie. Toutes les joies de la vie sont des joies de créer : amour, génie, action, – flambées de force sorties de l’unique brasier. Ceux même qui ne peuvent trouver place autour du grand foyer : – ambitieux, égoïstes et débauchés stériles, – tâchent de se réchauffer à ses reflets décolorés.

Créer, dans l’ordre de la chair, ou dans l’ordre de l’esprit, c’est sortir de la prison du corps, c’est se ruer dans l’ouragan de la vie, c’est être Celui qui Est. Créer, c’est tuer la mort.

Malheur à l’être stérile, qui reste seul et perdu sur la terre, contemplant son corps desséché et la nuit qui est en lui, dont nulle flamme de vie ne sortira jamais ! Malheur à l’âme qui ne se sent point féconde, lourde de vie et d’amour comme un arbre en fleurs, au printemps ! Le monde peut la combler d’honneurs et de bonheurs ; il couronne un cadavre. »

 
Romain Rolland - Jean-Christophe (1904-12) , Tome 4,  La Révolte .1ére  partie , « Sables mouvants ».

Romain Rolland, par Fred Boissonnas, vers 1914 . Collection Romain Rolland.

copyright photo : DR

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Published by Parmentier Monique - dans Poésie et Littérature
17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 20:06

Aujourd’hui je n’ai rien fait. 
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas ont trouvé leur nid. 
Des ombres qui peut-être existent 
ont rencontré leurs corps. 
Des paroles qui existent 
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire 
sauve parfois l’équilibre du monde, 
en obtenant que quelque chose aussi pèse 
sur le plateau vide de la balance.

** Roberto Juarroz **
(XIIIième Poesie Verticale) éd. José Corti

Credit photo : DR

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Published by Parmentier Monique - dans Poésie et Littérature
16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 12:11

Sachez que la Création ne nous appartient pas, mais que nous sommes ses enfants.

Gardez-vous de toute arrogance car les arbres et toutes les créatures sont également enfants de la Création. Vivez avec légèreté sans jamais outrager l’eau, le souffle ou la lumière. Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez de la gratitude. Lorsque vous immolez un animal, sachez que c’est la vie qui se donne à la vie et que rien ne soit dilapidé de ce don. Sachez établir la mesure de toute chose. Ne faites point de bruit inutile, ne tuez pas sans nécessaire ou par divertissement. Sachez que les arbres et le vent se délectent de la mélodie qu’ensemble ils enfantent, et l’oiseau, porté par le souffle, est un messager du ciel autant que de la terre.

Soyez très éveillés lorsque le soleil illumine vos sentiers et lorsque la nuit vous rassemble, ayez confiance en elle, car si vous n’avez ni haine ni ennemi, elle vous conduira sans dommage, sur ses pirogues de silence, jusqu’aux rives de l’aurore. Que le temps et l’âge ne vous accablent pas, car ils vous préparent à d’autres naissances, et dans vos jours amoindris, si votre vie fut juste, il naîtra de nouveaux songes heureux, pour ensemencer les siècles.

Pierre Rabhi

Extrait du Recours à la Terre, par Pierre Rabhi Ed. Terre du Ciel

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Published by Parmentier Monique - dans Poésie et Littérature
13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 18:48

Elle est là, solitaire, dans cette cour, à l’ombre d’un mur au rouge pastel, qui donne sur une place baignée de lumière. S’interpose entre elle et moi, un long cyprès et un tout jeune olivier.

Elle est là, tout blanche, semblant comme alourdie par sa tige trop fragile.

Elle est là, si solitaire que sa solitude me répond. Elle est là et m’interpelle, retient mon regard, au point que j’ai du mal à quitter la fenêtre où je me tiens.

Que cherche t-elle à me dire ? Que me dit -elle ? Qu’évoque t-elle en moi, si ce n’est un instant d’une infinie beauté, souvenir d’un instant unique, qui me revient de si loin, qu’il ne parvient à se concrétiser que dans les larmes qui me viennent ?

Je suis là, au pays des Elisyques, cette peuplade d'origine indo-européenne, si bien nommée et qui a depuis longtemps disparue. M’évoque t’elle un instant, d’un temps lointain où je fus si heureuse que le réel n'est plus qu'une illusion. La couleur si profonde du mur qui vient rehaussée cette blancheur, participe-t-elle également au voyage auquel elle m’invite.

Chère Rose blanche, tu étais là et j’étais là, mais j’ai du repartir, alors que fanée tu n’étais pas encore. Ton souvenir m’obsède encore, alors que le brouillard d’un automne glacial s’est abattu sur la région parisienne où je suis revenue, me demandant ce que je fais là et quel sens donner à tout cela.

Car je sais qu’un sens il y a et que je dois libérer ma mémoire du poids du présent et d’un passé trop récent, pour me ramener à ce temps jadis, où le bonheur a exhalé de ton parfum.

Tu me manques chère Rose blanche, tu me manques, comme la présence qui émane de toi.

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Published by Parmentier Monique - dans Poésie et Littérature

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  • : Je ne prétends pas ici faire travail de musicologie je souhaite juste tout au plus vous faire partager ma joie à l'écoute de ces musiques dont j'aime vous entretenir, mais aussi de l'art et de l'esprit baroque. J'espère tout comme Puck à la fin du Songe d'une Nuit d'été pouvoir compter sur votre indulgence et vos remarques car "Ombres que nous sommes, si nous avons déplu, figurez-vous seulement (et tout sera réparé), que vous n'avez fait qu'un somme, ...
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