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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 09:03

Grandes eaux trianon 038A Versailles, il y a les Grandes Eaux du parc, ou plûtot du Petit Parc, autour du château, accompagnées par de la musique qui résonne dans tous les hauts parleurs placés à des endroits stratégiques et il y a celles du Grand Trianon qui ne sont données que deux à trois fois par an, sans autre musique que celle de l'eau, du vent, des murmures des feuillages et du chant des oiseaux. Ce sont les Grandes eaux, telles que les a connues Louis XIV. Pure féérie que je vous invite à découvrir en quelques photos.
Avec d'abord le jet central du Fer à cheval qui donne sur le Grand Canal.
Cette année ces Grandes Eaux ont été données pour le 15 août et nous les retrouverons pour les journées du Patrimoine.
La fragilité du réseau hydraulique et des bassins ne permet pas de les donner plus souvent. Par ailleurs, les fontainiers pris par celles du parc, ne disposent à cette occasion que de une heure trente pour nous les offrir, qu'ils en soient remercier. Car ces Grandes Eaux de Trianon, vous permettront de redécouvrir la vraie magie de ce métier unique.

 

Tendez l'oreille, ouvrez grand les yeux et laisser à l'enfant qui sommeille en vous suivre les chemins qui vous mèneront aux Sources. 

 

JGrandes-eaux-trianon-017.JPG'avoue qu'en arrivant vers midi, je pensais avoir tout vu à Versailles et qu'il me serait donc difficile d'être encore émerveillé, tant la foule qui se bouscule dans les allées du parc et les Grands Appartements fini par rendre le lieu assez insupportable. La chance du Grand Trianon, c'est qu'il n'a quasi pas connu Marie-Antoinette, que son ameublement empire n'attire pas autant les touristes et que son état général, en fait en quelque sorte le château de la Belle au Bois Dormant. Et c'est tant mieux, car l'on peut encore s'y promener sans être bousculé, entendre les oiseaux chanter, y apercevoir une faune sauvage (comme les hérons qui fuient désormais les abords du Grand Canal, les faucons... Ici pour un peu, certains jours de brouillards on pourrait presque croiser des fantômes).
Grandes-eaux-trianon-037.JPGAlors chaque visite, nous y offre le vrai plaisir d'une solitude toute relative mais oh combien paisible, dans cet endroit où la beauté et l'harmonie règnent encore. 
Le Grand Trianon, c'est vous savez celui qui a remplacé en 1687, le petit Trianon de Porcelaine. Ce dernier trop fragile, ne résistait pas aux intempéries. Sans compter que celle pour qui il fût conçu, Mme de Montespan, avait été répudiée, laissant sa place à la Belle Indienne, Mme de Maintenon. 

On doit le Trianon que nous connaissons aujourd'hui, à Jules - Harduin Mansart, l'architecte du roi, dont Le Nôtre considérait qu'il faisait fort bien son métier de... Maçon. Alors s'il nous prend parfois à regretter de ne pouvoir voir ce petit palais, dont "l'exotisme" tout relatif devait être particulièrement ensorcellant, ce palais de marbre n'en possède pas moins de charmes.
Grandes eaux trianon 066Quant à ses jardins, s'ils ont beaucoup souffert du temps qui passe et des tempêtes, ils restent un enchantement.
Grandes-eaux-trianon-080.JPGVoici deux photos du bassin du Plat fond. Ce dernier est situé dans le fond du Jardin en face du palais. Il est orné de deux dragons sur les côtés et de deux sculptures en bronze, deux amours s'amusant sur deux ilôts jonchés de coquillages de François Girardon.
Si nous devons le palais du Grand Trianon à Mansart, c'est bien  Le Nôtre qui dessina les jardins. Mais avant lui une famille de jardiniers fidèles au domaine du Roi y travailla. Parmi eux, Michel II Le Bouteux  (1623-entre 1696/1716). Issu lui aussi d'une famille de jardinier, il avait en charge les fleurs et les orangeries.
Et c'est l'une des particularités de ces jardins du Grand Trianon. Contrairement à ceux du parc, les fleurs y tenaient une place essentielle. Elles embaumaient l'air porté par les vents. Les jardiniers d'aujourd'hui vieillent avec un grand soin à nous en rendre tous les sortilèges.
Samedi, comme au temps du Roi Soleil, les fontainiers ont comme leurs illustres prédecesseurs, équipés d'une clé lyre fait jaillir les mystères des eaux. La magie opère instantanément. L'eau, la terre et l'air s'en sont donnés à coeur joie, ce 15 août pour nous emporter dans des instants de pures fantasmagories. Soleil et nuages, jouant à cache-cache, nous onGrandes-eaux-trianon-056.JPGt invité à vibrer, sur un univers où la nature accepte de se laisser apprivoiser pour mieux transcender les éléments.
Le superbe Buffet d'eau, bassin de marbre que l'on doit à Mansart, chante sur plusieurs registres, tandis que du jet "du plat font" (voir plus haut) émane un grondement tellurique.
Grandes eaux trianon 103Les nymphes vous grisent de leur chant et de leurs danses et aux Sources, l'ancien bosquet aujourd'hui disparu, semble murmurer des souvenirs et des ris, d'un temps ancien. Des enfants jouent au milieu de dieux et déesses qui viennent vous inviter à oublier le temps présent, à redécouvrir un univers sans autre bruit que celui des coeurs qui battent à l'unisson de l'univers.

Par Monique Parmentier, article et photos.

 

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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 18:09

meridienne3.jpg

La Société des Amis de Versailles a déjà participé à la restauration de pièces du château. Depuis le début de l'année 2014, c'est la Méridienne, ou Boudoir de la Reine, pièce qui se trouve à l'arrière de la chambre de la Reine qui fait l'objet d'une restauration portant sur les boisseries, les planchers, la mise en sécurité de la pièce. Une deuxième tranche de travaux devrait par la suite concerner les tissus. Cette pièce est un petit bijou, offert par le Roi à la Reine, elle est le reflet des arts décoratifs extrêmement fins et délicats qui donnent à cette période de l'histoire de l'art, toute sa grâce. Les métiers d'art à l'époque y réalisent de nombreuses prouesses, d'autant plus que la pièce du être réalisé en un temps record.

En attendant, un article plus précis, voici quelques photos que j'ai réalisé lors d'une visite de chantiers :

 

meridienne2.jpg

meridienne1.jpg

 

 

Depuis quelques temps, comme je vous l'avais écrit précédement, je ne couvre plus que quelques concerts pour Classique news et ODB Opéra. Avec le temps, je me rends compte combien cela me convient. Et jusqu'à la rentrée, il en restera ainsi. Je trouve sur ces deux sites mon équilibre t et je retrouve du temps pour lire et surtout organiser un déménagement prochain.

meridienne4.jpgméridienne5-copie-1

 

C'est encompagnie de Murray Perahia, que je vous offre ces photos, témoignage d'un travail merveilleux. Je retrouve ainsi ce temps de la simple écoute, loin de la surproduction d'articles. Depuis que le manipulateur toulousain a disparu de ma vie, j'ai compris combien, mon amour de la musique, se contentait du rare. Tancrède de Campra, mardi prochain devrait ainsi m'apporter de belles émotions.

 

meridienne6.jpgmeridienne7.jpg

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 16:10

 

800px-Vue en perspective du Trianon de Porcelaine et de sesC'était un petit château à l'orée de la forêt... Un petit château destiné à abriter les amours d'un roi pour une dame aussi belle qu'ensorcelante mais pas sans danger.

C'était un petit château de porcelaine dont le luxe intérieur égalait les senteurs de ses jardins de Flore. D'ailleurs à l'époque, on l'appelait le château de Flore.    

 

Images Nicolas Poilly le Jeune (C) RMN (Château de Versailles)

 

C'était un petit château de bleu et de blanc, couleurs des rois de France dont la fragilité causa sa perte.


Aujourd'hui, il ne nous en reste que quelques gravures, quelques "porcelaines" (en fait des faïences) souvent brisées que parfois encore lors de promenades dans les jardins du Grand Trianon, si l'on sait observer on trouve quelques éclats.

Plaque décor porcelaine Grand Trianon Herve lewandowski

 Images (C) RMN (Château de Versailles) 

 

Voici donc ce petit château qui appartient désormais à un Versailles disparu, dont le charme et la douceur, n'avaient d'égale que le bonheur d'y séjourner. Ce petit château qu'aujourd'hui l'on nomme le "Trianon de Porcelaine" appartenait à un Versailles dont les secrets, nous mènent sur les chemins du baroque, en un temps où le classicisme n'avait pas encore tout écrasé de son poids d'absolutisme.

Je vous raconterais donc ici son histoire.... Je vous invite pour cela à me suivre au-delà de l'horizon... Dans un monde qu'il vous faut imaginer aux couleurs aussi vives qu'un Printemps naissant.

 

Chateau_de_Versailles_1668_Pierre_Patel.jpgPierre Patel (C) RMN (Château de Versailles)

 

Sur ce tableau de Pierre Patel qui date de 1668 regardez bien la perspective... Suivez la ligne d'horizon... Et si vous observez bien, aucun des deux bras du Grand Canal n'est encore creusé. Sur votre droite, à l'emplacement du Grand Trianon que vous connaissez aujourd'hui, vous pouvez apercevoir, le clocher d'une église, quelques maisons... Et la forêt... et oui droit devant vous, l'horizon est libre de partout, l'emprise des hommes sur les paysages est encore respectueuse.

 

Francois-Athenais_de_Rochechouart.jpgC'est en cette année 1668, que Mme de Montespan, la très belle et envoûtante Athénaïs devint la maîtresse de Louis XIV.

 

Deux ans plus tard, ils chercheront un refuge, un lieu où se retirer loin des fracas des travaux permanents du château, de la chaleur de l'été, et vivre leur passion dans un endroit raffiné offrant plus d'intimité. "Ce petit Palais d’une construction extraordinaire, et commode pour passer quelques heures du jour pendant le chaud de l’Esté"

RMN (Château de Versailles)

 

Le vieux village de Versailles résistera un peu plus longtemps (d'ailleurs si vous regardez bien à gauche sur le tableau de Patel, on aperçoit encore - sur ce qui deviendra l'emplacement du Grand Commun- l'église Saint Julien) que le petit village de Trianon... Et c'est ainsi que notre petit château de "porcelaine" va surgir comme par enchantement de la forêt.

 

Il fut construit à partir de 1670 sur les plans de Louis le Vau (1612-1670) qui mourut cette année là et c'est son gendre François d'Orbay qui l'acheva. Tandis que s'édifiait ce petit château, Michel Le Bouteux, jardinier fleuriste, neveu de le Nôtre, traçait et plantait le jardin.

 

Il nous reste un témoignage (si ce n'est le seul, l'un des très rares) de l'émerveillement que produisait ce lieu sur ceux qui le connurent. Nous le devons à Félibien, historiographe du Roi (1619 - 1695) :

 

Plan jardin Trianon Porcelaine Rmn Gerard blot"Car n'ayant esté commencé qu'à la fin de l'hyver, il se trouva fait au Printemps comme s'il fust sorty de terre avec les fleurs des jardins qui l'accompagnent & qui, en mesme temps parurent disposez tels qu'ils sont aujourd'hui, & remplis de toutes sortes de fleurs, d'orangers et d'arbrisseaux verts. ... L'on pourroit dire de Trianon, que les Graces & les Amours qui forment ce qu'il y a de parfait dans les plus beaux & les plus magnifiques ouvrages de l'Art, et mesmes qui donnent l'accomplissement à ceux de la Nature, ont esté les seuls architectes de ce lieu & qu'ils en ont voulu faire leur demeure".

 

Ainsi Trianon dès sa naissance est avant tout un palais dédié à Flore, à la sensualité des parfums et à l'amour.

 

RMN (Château de Versailles)

 

Dans ce palais de Flore, on trouvait un pavillon qui nous montre combien ce lieu était avant tout dédié au jardin : le Cabinet des Parfums. Il s'agissait probablement d'une serre, contenant des fleurs (des tubéreuses, des lys et du jasmin) que l'on protégeait en hiver, mais destinée à la visite.

 

Voici un plan de l'intérieur du Trianon de "porcelaine" :Plan_Trianon_Porcelaine.jpg

 

Robert Danis, La Première Maison royale de Trianon : 1670-1687, Paris, Albert Morancé, 1926

Il n'existe actuellement qu'un seul meuble aujourd'hui connu de ce Trianon : une petite table en ivoire et lapis-lazuli attribuée à l'ébéniste Pierre Gole. Elle se trouve actuellement, à Los Angeles (et oui) au Musée Paul J. Ghetty, elle ne peut que vous donner une idée de la délicatesse de ce lieu unique.

 

Table trianon porcelaine

 

Une estampe de Nicolas de Poilly qui est à la BNF au Cabinet des Estampes, réalisée à l'époque où le Trianon de Porcelaine existait, c'est- à-dire durant la seconde partie du XVIIe siècle, nous donne une idée de l'apparence extérieure des bâtiments, lorsqu'on arrivait depuis le château dans ce joli petit pavillon, composé de plusieurs bâtiments.

 

Nicolas_Poilly.jpg

 

Le "Trianon de porcelaine", ne doit pas cette dénomination moderne à une quelconque confusion quant à matière de ces plaques décoratives de faïences et non de porcelaines. Au XVIIe siècle, les occidentaux ne savaient pas encore produire cette dernière, qui arrivait de Chine. Ils mirent donc au point des techniques pouvant l'imiter. Ce Trianon que nous disons de porcelaine, doit en partie son nom aux couleurs dominantes de bleu et blanc qui le recouvraient en partie. Peu d'articles lui ont été consacré. Celui qui nous donne le plus de précisions sur ce que nous savons aujourd'hui le concernant, a été écrit  par Madame Annick Hetzmann (Documentaliste au Services des plans et archives du château de Versailles) dans le Versalia n°8 (revue publiée par la Société des Amis de Versailles). En fait, ce petit château n'a que peu été représenté, peu renseigné. Ce sont essentiellement grâce aux Comptes des Bâtiments du Roi  qui sont aux Archives Nationales que nous connaissons l'origine des faïences utilisées. Essentiellement de Hollande et de Lisieux, avec des éléments provenant de Saint-Cloud (mais en fait peut-être importés de Hollande par la fabrique) et de Rouen.

porcelainesexpo.jpgTout le château n'en était probablement pas recouvert et la "porcelaine" doit également et surtout son nom à des techniques de peintures, réalisées dans des tons bleus et blancs, à l'imitation de la porcelaine chinoise. Tout laisse à penser que la toiture par exemple était peinte, tout comme à l'intérieur les décors sur stuc, ainsi que celui des portes et à l'extérieur, les grilles des volières, les vases en cuivre sur les combles ou ceux disposés sur les gradins des cascades.

En revanche, l'on sait que les faïences disposées dans des cadres de bois participaient aux décors aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Félibien, l'historiographe de Louis XIV, tout comme les comptes du Roi, nous apprennent que dans le salon, pavements et lambris en bénéficiaient. Il s'agissait pour les trois pièces centrales des carreaux bleus et blancs de Hollande, tandis que les deux cabinets étaient carrelés en violet. D'après l'inventaire du mobilier, Madame Annick Hetzmann, nous apprend que le mobilier du salon et des deux chambres étaient quant à lui fait de "bleu gris lin". Ce que nous confirme la petite table au Ghetty actuellement. Les jardins n'étaient donc pas en reste et outre des vases en faïences bleue et blanche, il fut ajouté en 1682 et 1683, deux cascades  (voir estampe de Nicolas de Poilly), constituées de gradins, situées en vis-à-vis, à l'extrémité chacune d'une même allée. Plusieurs carreaux furent utilisés pour leur décor, mais dont on ignore avec précision la couleur et la provenance.


Sources :

- Article de Madame Annick Heitzmann - Trianon : la place de la faïence dans le château de porcelaine. Versalia N° 8 de 2005 

- Félibien, Description sommaire du château de Versailles, 1674

- Jérémie Benoit (conservateur en chef des Trianons) : Un palais privé à l'ombre de Versailes

- Collectif, château de Faïence, XIVe - XVIIIe siècles, Marly-le-Roi, éd. Musée Promenade de Marly-le-Roy, 120 p., cat. exp. Musée-Promenade de Marly-le-Roi/Louveciennes, 9 oct - 10 déc 1993
- Forum Connaissances de Versailles

 

Illustrations : bases de données RMN/Château de Versailles - Photographie personnelle des faiences retrouvées exposées au Grand Trianon pour les "Les fleurs du roi"  du 2 juillet au 29 septembre 2013


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Published by Parmentier Monique - dans Versailles
8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 10:04

Coucher-soleil_vert.jpgPlus qu'un soi-disant Versailles secret, qui n'existe que pour faire venir le touriste en masse, c'est un Versailles disparu que j'ai envie d'évoquer ici. Il sera donc sans dorure, sans passage secret (il n'y en eu jamais)... Il est de porcelaine et de flore, de fêtes et parfois au soir de musiques mélancoliques. Il est celui du rêve, d'un rêve baroque.

 

Du labyrinthe à la grotte de Thétis, du Trianon de porcelaine au Bosquet du Marais, je vous mènerai jusqu'au Bosquet des Sources... sur les chemins d'un parc né pour la musique et la fête et non pour un château de gloire. Tous ceux qui sont venus ici chercher cette vaine apparence, se sont brisés les ailes... Ont sombré dans une douce folie qui parfois les a menés à la destruction. Car à Versailles, vous oubliez la réalité... à moins que celle - ci ne soit si trompeuse, multipliant les reflets dans ses miroirs et ses eaux si noires, que ce lieu ne soit tout simplement qu'un lieu de perdition si seul l'or vous y attire.

 

C'est peut-être aussi cela que dénonçait certains initiés en quête de la pierre philosophale. L'or n'est jamais que du métal... et l'éternelle jeunesse un mythe. Ce qu'il faut ici chercher, c'est une part de rêve et non l'illusion de la richesse.

 

En ce jardin des Hespérides, les muses et les nymphes ont longtemps enchanté ces lieux... à vous de les ré-enchanter. Et qui sait peut-être, saurez-vous suivre leur danse au rythme d'une chaconne envoutante.Bassin_nympes_trianon.jpg

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Published by Parmentier Monique - dans Versailles
7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 09:48

Entrée Labyrinthe Il était une fois, au temps du Roi de Soleil, un parc dont aujourd'hui on nous dit qu'il fut un modèle du jardin à la française, classique... Mais on ne vous dit pas tout. Car il était une fois, le baroque n'y avait pas dit son dernier mot... 

Je vous invite à pousser les grilles d'un des bosquets de ce jardin extraordinaire... Le labyrinthe des jardins du Château de Versailles.

Esope et l'Amour y seront vos guides. Ils vous conduiront vers la sagesse des fous...Mais ce bosquet n'existe plus, seule votre imagination pourra lui rendre vie et forme. 

 

Bacchus.jpgPour remonter le temps, venez aux pieds de Bacchus, chanter ces mots : "Il était une fois (fwé"), au rythme d'une chaconne ensorcelante....  tournez - vous vers l'Est et vous les verrez. Des grilles, sont déjà ouvertes... deux personnages vous y attendent. Qui sont-ils ? Nous allons le découvrir.

   

En 1669 Le Nôtre dessina le labyrinthe de verdure dans lequel, vers 1675, furent placées les quarante statues représentant les fables d'Esope.

   

Charles Perrault écrivait à ce sujet (oui vous savez l'auteur des Contes pour petites filles dont on aimeraient qu'elles attendent le Prince Charmant... Enfin là encore sur ces contes et le Prince Charmant, il y aurait bien des choses à dire car le XIXe siècle est passé par là)....

 

Plan labyrinthe-copie-1"Entre tous les bocages du petit Parc de Versailles, celui qu'on nomme le labyrinthe, est surtout recommandable par la nouveauté du dessein, et par le nombre et la diversité de ses fontaines. Il est nommé labyrinthe parce qu'il s'y trouve une infinité de petites allées tellement mêlées les unes aux autres, qu'il est presque impossible de ne pas s'y égarer ", et à l'auteur de poursuivre : " On a choisi pour sujets de ces fontaines une partie des fables d'Ésope, et elles sont si naïvement exprimées, qu'on ne peut rien voir de plus ingénieusement exécuté. Les animaux de bronze colorié selon le naturel, sont si bien dessinés, qu'ils semblent être dans l'action même qu'ils représentent, d'autant plus que l'eau qu'ils jettent imite en quelques sorte la parole que la fable leur a donnée ". Le Labyrinthe de Versailles, planches de Sébastien Leclerc, prose de Charles Perrault et vers d'Isaac de Benserade, Paris, 1677.

   

A l'entrée du labyrinthe Amour et Esope vous accueillaient.

 

L'amour labyrinthe

Amour arc triompheSur le piédestal de l'Amour étaient gravés ces vers :


Je veux qu'on aime, et qu'on soit sage,
C'est être fou que n'aimer rien;
Chaque animal le dit en son langage
Il ne faut que l'écouter bien.

 

 

Cela dit n'oubliez pas qu'un labyrinthe est fait pour se perdre... Et que charmant petit amour, oeuvre de Jean-Baptiste Tuby... Vous tend quelque chose de précieux... Car il n'est effectivement pas certain que la Sagesse soit votre meilleur guide... Un fil à dévider... Celui d'Ariane... Bon je sais j'aurai du vous le dire tout de suite...

 

Le bronze de l'Amour, figure parmi ceux qui sont parvenus jusqu'à nous. Il est aujourd'hui exposé dans le château de Versailles. Celui d'Esope, réalisé par Pierre Le Gros, dort quelque part aux Grandes Ecuries, où l'Amour et lui avaient un temps trouvé refuge, après un séjour au début du XIXe siècle dans le bosquet de l'Arc de Triomphe. Ce dont témoigne des photos de Pierre Atget. Peut-être pas assez "mignon" aux yeux du monde moderne et de son obsession du beau. Le pauvre qui a perdu son compagnon doit se sentir bien seul et tous ceux qui suivrait Amour sans sa présence pourrait bien se perdre malgré leur fil d'Ariane.

   

 

Amour-Esope.jpg

 

 

  Esope.jpgEsope 1900

 

 

 

 

 

 

 Avec mes animaux pleins de ruse et d'adresse,
Qui de vos mœurs font le vivant portrait

Je voudrais bien enseigner la sagesse,
Mais mon voisin ne veut pas qu'on en ait.

 

Pourquoi un labyrinthe à Versailles ? Il se dit dans les livres d'histoire.... à moins que ce ne soit un livre de conte... qu'il avait pour but d'enseigner la sagesse au Dauphin, le voici sur un dessin de 1662 avec ses parents... Il était né un an plus tôt le 1er novembre 1662.

  

Louis-XIV_Dauphin_dessin_1662.jpgCopyright : Rennes ; musée des beaux-arts

 

Les fontaines sont posées sur des bassins de rocailles entre 1672 et 1675. Réalisées par dix-huit sculpteurs et peintes aux couleurs naturelles par Jacques Bailly, elles mettaient en scène 333 animaux de métal, réunissant ainsi à Versailles le plus vaste ensemble d’art animalier du XVIIème siècle. Avec le bosquet des sources et celui du Marais, il fut aussi l'une des plus belles expressions de l'art baroque dans les jardins français. Il disparut un siècle plus tard en 1778 car trop difficile à entretenir.

 

Je vous laisserais en deviner la place dans le parc... Car  les indices ici ne manquent pas.

 

Revenons à nos moutons... Enfin de ceux-là il ne sera pas question ici.   

 

Avez-vous emprunté à l'Amour son fil d'Ariane... Alors accompagné du fabuliste, empruntons les chemins frais, tandis que le soleil se lève à l'Est... et qu'un rayon tendre vient frapper la main qui vous l'a tendu.. oui bon Esope aussi vous dit quelque chose... écoutez le, on ne sait jamais :

 

A la jeunesse ces vers de Benserade

 

Jeunesse, acceptez le présent

Qu'Esope, vous adresse ;

Goutez des leçons qu'en riant,

Lui dicta la Sagesse.

Il vous faudra point craindre ici de pédant.

Accourez : c'est l'agneau qui sera votre maître ;

Il ne peut que vous égayer.

Mille autres animaux à vos yeux vont paroître ;

Mais gardez-vous de vous en effrayer.

Enfans, ce n'est point pour vous nuire

Qu'un art ingénieux les tire de leurs bois.

S'ils vont parmi leurs jeux faire entendre leurs voix,

Ce n'est que pour mieux vous instruire.

 

Vous voici donc entré et ce sont  des oiseaux qui vous chantent un air à leur façon :Le duc et les oiseaux

   

Tout homme avisé qui s engage
Dans le labyrinthe d'Amour,

Et qui veut en faire le tour,
Doit être doux en son langage,
Galant, propre en son équipage,
Surtout nullement loup-garou.
Autrement toutes les femelles
Jeunes, vieilles, laides et belles,
Blondes, brunes, douces, cruelles,
Se jetteront sur lui comme sur un Hibou

 

    * Première moralité : ne croyez pas forcément ce que l'on vous a dit dans les livres d'histoire...

 

 

Coucher de soleil 14 08 060LE DUC ET LES OISEAUX

Un jour le Duc fut tellement battu par tous les Oiseaux, à cause de son vilain chant et de son laid plumage, que depuis il n'a osé se montrer que la nuit.

La série des Cotelle dont le tableau, ci-dessus, est extrait, nous montre l'illustration de certaines de ces fables réalisée dans ces bosquets. Voici un détail (photo personnelle), de ce superbe tableau. Et si l'on tend l'oreille, vous entendrez le doux gazouillis de l'eau vive qui jaillit en mille jets à moins que ce ne soit celui des oiseaux.

 

Voilà que nous bifurquons et suivons une allée qui nous conduit au second Bassin et à la seconde fable

LES COQS ET LA PERDRIXCoq_labyrinthe_Le_Hongre.jpg

Un plomb nous en reste, qui garde encore quelques traces sur la crête de ses couleurs qui furent chamarrées. 

"Une Perdrix s'affligeait d'être battue par des Coqs ; mais elle se consola, ayant vu qu'ils se battaient eux-mêmes".

Si d'une belle on se voit maltraiter

Les premiers jours qu'on entre à son service,

Il ne faut pas se rebouter :

Bien des Amants, qu'Amour les unisse,

Ne laissent pas de s'entrepicoter.

 

Alors me direz-vous la suite de ces fables... Les illustrer ne va pas toujours être évident, car la majeure partie des plombs des bassins a disparu et que rares sont les tableaux, y compris les Cotelle, qui les illustrent. Mais tout n'est pas désespéré, et les estampes de Sébastien Leclerc pourront parfois nous y aider.

LE COQ ET LE RENARD

 

"Un Renard prioit un coq de descendre pour se réjouir ensemble de la paix faite entre les Coqs et les Renard. Volontiers, dit le Coq, quand deux Levriers que je voy qui en apportent la nouvelle, seront arrivez : le Renard remit la réjouissance à une autre fois, & S'enfuit"

 

Il est possible que le plomb restant du coq puisse avoir été celui de ce bassin. Il était placé sur un pilier de rocaille et de verdure. Rejetant un grand jet d'eau sur le Renard qui tentait de se jeter sur lui.
  

La Fable du Lièvre et la Tortue, fait ainsi partie d'une série d'Estampes qui se trouvent à la Bnf, et dont parfois de belles copies sont réalisées et mises en vente :

 

Un Lièvre s'étant moqué de la lenteur d'une Tortue, de dépit elle le défia à la course.

Le Lièvre la voit partir et la laisse si bien avancer, que quelques efforts qu'il fit ensuite, elle toucha le but avant lui.
Le Lièvre et la Tortue jettent tous deux de l'eau en l'air, il sort un torrent d'eau d'un rocher de rocaille, qui semble être le terme de la course qu'ils ont entreprise.

 

Ou bien LE LOUP ET LE PORC EPICloup_et_porc_epic_bnf.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Copyright : BNF / Sébastien Leclerc 

 

 

grenouille jupiterLES GRENOUILLES ET JUPITER

 

Les Grenouilles demandèrent un jour un Roy à Jupiter, qui leur envoya une poutre. Les Grenouilles se moquèrent de ce Roy immobile et en demandèrent un autre. Jupiter leur envoya une Grue, qui les mangea toutes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Copyright : Louvre/Rmn/ Sébastien Leclerc

 

 

LE LIEVRE ET LA TORTUE355.jpg

Un Lièvre s'étant moqué de la lenteur d'une Tortue, de dépit elle le défia à la course. Le Lièvre la voit partir et la laisse si bien avancer, que quelques efforts qu'il fit ensuite, elle toucha le but avant lui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Copyright : Louvre/Rmn/ Sébastien Leclerc

 

 

 

 

Certains plombs sont aux USA... Et oui les américains ont ainsi meublé leurs musées... D'autres dorment peut-être dans des collections privés et il est même probable que leurs propriétaires en ignore la provenance, d'autres ont du être transformé en canon ou autres gadgets pour tuer, eux qui nous parlaient d'amour...  

Les voici donc... 

 

  Renard labyrinthe

 

 

Renard-sur-un-brandon.jpg

 

singe_Labyrinthe.jpg

 

Singe_monte_sur_un_bouc.jpg

 

Il faut aussi savoir que des fouilles ont été réalisées récemment permettant de retrouver les emplacements de certains bassins, le château expose sur son site le résultat de ces fouilles.

 

Et par ailleurs, il nous livre la photo exceptionnelle de quelques vestiges, comme ces coquillages... Une merveille qui révèle l'extrême fragilité des éléments de décoration des bassins :

coquillages.jpg

 


Un jour je reviendrais par là... Vous conter la suite...  

 

* Sauf indications contraire les illustrations proviennent du Château de Versailles

 

 

 

 

 

  © A. Heitzmann/Château de Versailles

 

« On n’a pas prétendu pouvoir parfaitement par ces courtes descriptions, peindre parfaitement la beauté &  les agréments de toutes ces Fontaines. On a voulu feulement en donner quelque idée a ceux qui ne les ont jamais veuès : parce que les différentes beautez de Verfailles ne laijfent pas le temps de les admirer toutes avec rejlexion ; » Isaac de Benserade

 

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Published by Susanna Huyghens - dans Versailles

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  • : Le blog de Susanna Huygens
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  • : Je ne prétends pas ici faire travail de musicologie je souhaite juste tout au plus vous faire partager ma joie à l'écoute de ces musiques dont j'aime vous entretenir, mais aussi de l'art et de l'esprit baroque. J'espère tout comme Puck à la fin du Songe d'une Nuit d'été pouvoir compter sur votre indulgence et vos remarques car "Ombres que nous sommes, si nous avons déplu, figurez-vous seulement (et tout sera réparé), que vous n'avez fait qu'un somme, ...
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